Ammassalik Kayak de mer au Groenland.

Quelle drôle d’aventure partir au bout du monde à six pour se balader en kayak aux pays des glaces géantes et des montagnes à pic…

Quatre jours de voyage aller, quatre jours de voyage retour en utilisant tous les moyens de transport possible : voiture, TGV, avion à réaction, avion à hélice, hélicoptère, kayak, nos chaussures, bateau à moteur bref je crois qu’il ne manque que le vélo ou la fusée…

Après ces quelques jours de transfert : Cette fois on y est et comme dirais Stan « on est mieux là qu’au boulot » 

 

Video kayak de mer au pays des glaces

 

Départ de bonne heure mardi 17 juillet de Tasiilaq avec du « super » matériel loué par GNGL : 6 kayaks très hétérogènes

  • deux PRIJON Kodiak
  • deux Barracuda de PRIJON prêts à se retourner à la moindre faute d'inattention de leur occupant ,
  • un kayak de lac PRIJON YUKON Expedition
  • et une bonne barquasse de mer, PRIJON Touryak.

Ce sera un faux départ, après une heure de navigation on fera demi tour pour aller échanger les deux kayaks instables pour des Aquanaute Club de North Shore.

Second départ en fin de matinée et cette fois c’est la bonne. On sort du fiord vers le large afin de remonter vers le fiord d’Angmagssalik . Nos premiers gros glaçons sont en vue difficiles de ne pas aller s’y frotter. C’est beau…

Peu avant la pause repas, vers la pointe d’Igtajik, surprise ! On entend et aperçoit le jet des baleines, on a même la chance de voir une belle queue plonger devant nous , même si c’est assez loin on la distingue bien . La magique s'installe !

Notre premier repas se fera dans la baie suivante avec la compagnie de un, non deux, heu... trois puis quatre, cinq, six chiots qui apparaissent au fur et à mesure. Puis, c'est au tour des mouches et moustiques de nous accompagner lors de cette pause. Ces bestioles seront malheureusement le fil rouge ; non plutôt le point noir de votre voyage…

Le premier bivouac se fera à quelques milles de là, à Sigtartivit On s’installe dans une petite baie avec vu sur les baleines au loin qui continuent leur balai de jets d’eau, quelques collines rocailleuses à l’entour offrant des points de vue sur le large, le fiord et un beau ruisseau pour la douche et l’eau sans oublier les glaçons plus ou moins gros pour l’apéro . Ce fut une belle première journée de nav, le faux départ est oublié. Aller, on trinque avec un petit pastis( rafraichis avec un glaçon local ). au début de notre voyage. Cette fois on y est !

Le bivouac du lendemain semble introuvable. On remonte le fiord Sangmileq depuis un moment et les bords sont assez abrupts sans possibilité d’accoster si ce n’est sur quelques grosses dalles de granit. Puis au fond du fond on aperçoit Martin du haut d’un rocher s'écrier « C'EST MAGNIFIQUE ». On entend le bruit d’une chute d’eau et après un petit virage, on débouche sur une série de cascades avec des piscines de granit. Effectivement c'est magnifique, on ne pensait pas planter la tente au milieu de ce décor là. Je ne résiste pas à l’idée de me baigner pour tester l’étanchéité de ma combi suivi par Martin : - même pas froid et même pas mouillé, ça c’est cool. On passera deux jours dans le coin, face au glacier qui change de couleur avec la luminosité. Au dessus des chutes, une rivière puis un grand lac qui laisse rêveur les pécheurs du groupe et ce sera effectivement qu’un rêve. Aucun poisson n'a daigné se suicider.

Le jour suivant, départ très tôt, à marée haute, à marée basse il faut franchir une marche d’un bon mètre avec courant et rocher au milieu. Non merci avec nos kayaks chargés…et une eau à 2°, le bain n'est pas à l'ordre du jour. Dans le Petit archipel de Quernertivartivit On rencontre un autre groupe de kayakistes anglais avec de vrais kayaks de mer. Ils sont sur le trajet retour, après quelques échanges, on repart un peu envieux de leur équipement… Ce jour là on trouve plein de moules accrochées au rocher. Ce sera un régal pour le repas du soir à Alingat. Après le repas, balade autour du bivouac, je fait connaissance avec le lagopède ou perdrix des neiges. Gros oiseau qui se confond par sa couleur tachetée grise avec les pierriers et qui ne bouge que quand on est pratiquement prêt à lui mettre le pied dessus. On en reverra quelques un dans notre voyage ainsi que des renards arctiques qui visiteront presque systématiquement le camp pendant notre sommeil. Mais au final, il y a très peu de vie animale sur cette côte et nous avons passé des journées sans voir un phoque ou un oiseau, c’est un peu surprenant et vide.

Prochain arrêt, c’est le village de KUNGMIUT, deuxième village que l’on visite. On plante le camp pour deux jours un peu à l’écart à Ilerqit. Le coin est super et il n’y a pas trop de bêtes volantes. Le village est composé de maisons de bois, certaines surélevées sur pilotis, peintes de couleurs vives. Il n’y a pas de route goudronnée juste des chemins et des escaliers en bois pour allez d’un coté à l’autre du village. Dans chaque village il y a un magasin (plus ou moins achalandé en fonction du jour de ravitaillement du bateau) une poste, un groupe électrogène pour alimenter le village en électricité, des cabanes bleues (pour distribuer l’eau, il n’y a pas l’eau courante), une maison commune ( salle des fête) et une service house maison qui comprend douche, machine à laver, cuisine et un petit dortoir. Ces maisons sont utilisées par les villageois et par les gens de passages. On va pouvoir prendre une vraie douche chaude… On trouve souvent près des maisons ou sur leur toit, des séchoirs à poissons ou phoques. Il y a de nombreux chiens attachés près du ruisseau qui traverse le village, les chiots sont en liberté et viennent volontiers se faire caresser. Les chiens sont nourris de viande et carcasses de phoques qui ont faisandés quelques semaines dans l’eau de mer.  

Le lendemain après midi (le 23/07 ) nous repartons par le petit fiord de Torssukatak avec vent et courrant de marée dans le dos. Du coup, c’est sans effort et assez vite que nous arrivons dans une première passe. On se croirait en rivière et on se laisse emporté par le courrant, c’est cool. Cependant pour franchir la passe suivante, il va nous falloir attendre que la marée monte car on est devant deux passages de rochers et cailloux de quelques mètres. On fera une pause goûter d’une heure. A la fin de cette belle journée, on aura l’agréable surprise de tomber sur une cabane bleue pour notre bivouac du soir. C’est un refuge en bois avec quatre couchettes en lits superposés et une table devant la fenêtre avec vue sur le fiord. On passera le repas du soir et la nuit au chaud dans la cabane.

Le lendemain on visite l’ancienne base militaire américaine dans le fiord d’Ikatek . Il y a là une piste d’aviation, des milliers de fûts de carburants entassés, des carcasses de vieux camions, machines à vapeur, anciens hangars … On y passera l’après midi à déambuler au milieu de ces restes avec vu sur le fiord qui se remplit petit à petit de bouts de banquise bien blancs. Quel contraste ! Comment les américains on pu laisser tout ces déchets, là ! Quand on repart, le fiord c’est bien remplit de glace. On navigue pour la première fois entourés de glace cherchant parfois un passage au milieu des blocs. C’est beau et impressionnant même si ils ne sont pas très gros. Les couleurs varient en fonction des icebergs plus ou moins bleu, d’autre bien blancs, ou encore translucides comme du cristal, on ne sait plus où regarder. Le plus étrange c’est le bruit ; enfin je dirai plutôt la musique que fait chacun d’entre eux en fondant : ils pétillent en relâchant les milliers de bulles d’air emprisonnées dans la glace depuis je ne sais combien de milliers d’années. C’est une musique que je ne lasserai pas d’entendre.

Deux jours après, on se retrouve devant un spectacle encore plus grandiose les glaciers de Rasmussen et de Karale se dressent devant nos yeux. Des murs de glaces gigantesques. Il y a là quatre gros glaciers de plusieurs kilomètres de front, c’est impressionnant. On se sent vraiment tout petit devant ces géants et ils nous font rester à bonne distance par leurs grognements sourds. On entendra craquer, gronder ces géants de glace mais pas d’éboulement en direct dommage, depuis le bord on aurait bien aimé en voir un.

Après un bref arrêt au petit village de Sermiligaq et déçu de ne pas avoir croisé de baleine dans ce fiord, peut être encore un peu trop encombré par les glaces, on poursuit notre route en commençant le chemin du retour en descendant le fiord de Sermiligaq. Un bivouac soit-disant de rêve à Ilerta envahit par des milliards de volatiles insupportables, un autre au sud de l’île Tiniteqilaq où on a le plaisir de trouver notre troisième et dernière cabane puis on s’arrête deux jours dans un coin charmant : Tivparpik. Lieu, très intéressant pour nos pêcheurs, car il y a un lac à proximité et ils vont enfin nous pêcher de beaux ombles chevaliers pour notre plus grande joie et celle du renard du coin. Le bivouac est sympa, il y a des balades à faire à proximité avec de beaux points de vue, la pêche fructueuse que demander de plus…

Après ces deux jours de pause, on repart par le fiord d’Ikasak et quelle n’est pas notre surprise en débouchant sur le fiord d’Angmagssalik d’entendre Stan crier j’ai vu une baleine. Celle-ci se rapproche et elle passera à une centaine de mètres de nos kayaks avant de plonger devant nous pour ressortir malheureusement quelques kilomètre plus loin. C’est un moment de magie, on arrête presque de respirer, on est là avec cette baleine à quelques mètres de nous … Stan préférera filmer le dos de Capway plutôt que la queue de la baleine ... quelle drôle d’idée, enfin bon sans rancune.

On bivouaquera deux jours dans le coin, dans l’espoir de faire de nouvelle et heureuse rencontre, mais on ne verra plus qu’une seule baleine le lendemain passer au loin Le  3/08 départ marée montante pour traversée le fiord d’Angmagssalik. On fera un énorme bac de 4 milles dans le vent et les vagues pour arriver en face puis on trouve un beau bivouac dans le fond d’un petit fiord fermé par une nouvelle passe à Sarpaq. Malheureusement on est pas seul et sitôt le pieds posé sur terre l’escadrille de mouches et moustiques arrivent se sera une fois de plus un enfer… Dommage car le lieu est splendide quelques petits lacs entrecoupés de grandes dalles de granit font la jonction entre deux fiords. Sur les hauteurs, on a vu sur le fiord que l’on vient de traverser et sur le large. Ce soir là on pourra même admirer le lever de la lune presque pleine sur les pics d’en face. On grave ces beaux paysages et instants un peu magiques dans notre mémoire.

Le lendemain, fuyant les bêtes et surtout ne voulant pas rater la marée afin de sortir de la passe, on part de bonne heure pour remonter le fiord d’Ikasartivaq. On passera la journée à remonter ce long fiord à l’ombre de hautes montagnes avec de gros éboulis à leur base mieux vaut pas être dans le coin quand ça tombe. Le soir, après une longue journée de kayak, on se pose à Kurgarmit. C’est un camp de pêcheur fréquenté par les locaux le week-end. Le lieu est super pour un bivouac plat, de belle dalle de granit et surtout il n’y a pas trop de bêtes volantes. La vallée derrière le camp est prometteuse avec ses cascades, sa rivière, et ses lacs.

On décide, plus qu’il nous reste trois jours, d’aller voir le fiord de Sermilik le lendemain de dormir sur le bord du fiord et de revenir à ce camp lundi soir pour profiter à pieds de cette belle vallée et préparer nos affaires pour le retour. Nous voila donc parti pour le fiord de Sermilik, réputé pour ces icebergs gigantesques. Et là je crois qu’on reste bouche baie devant cet amas de glace énorme et chaotique. C’est impressionnant ça craque de partout et on est pas trop rassuré de se trouver là au milieu. Je crois qu’il faut le voir pour le croire et se rendre compte de la grandeur et du nombre infinis de ces blocs de glace. On se promènera là au milieu, en restant humble et vigilant, toute la journée et le matin suivant, profitant au maximum du spectacle grandiose qui s’offre à nous, depuis la mer et depuis le bivouac avec vue sur cette étendu de glace. On termine en beauté et toujours impressionné par ce que l’on découvre. Depuis deux jours on aperçoit sur la berge en face le début de la calotte glacière.

Puis retour comme prévu à Kugarmit pour notre dernière journée. Malheureusement pour nous le mardi on se lèvera sous la pluie et on restera sous la tente toute la journée à attendre que ça se calme. Pas de balade à pieds et c’est avec des affaires un peu humides que l’on rejoint mercredi matin le dernier village : la fin de notre périple en kayak Tiniteqilaq.

On rend les kayaks et on trouve à se loger à la service house du village. Ce qui nous permet de bien faire sécher nos affaires et de préparer nos sacs au sec pour le départ du lendemain. On quitte le village en bateau pour deux heures de mer dans une purée de poids jusqu’à kulusuk, merci le GPS.

Le temps est froid et venté, on a eu de la chance d’avoir soleil et peu de vent pendant tout notre séjour, car depuis deux jours on goûte au mauvais temps et c’est une autre histoire. On s’installe à l’hôtel pour ne pas remouiller nos affaires. Ce sera une sage décision car dans la nuit, se lève une tempête, avec de gros coups de vent ; les tentes n’auraient certainement pas tenues. Deuxième journée puis nuit à l’hôtel car l’avion est bloqué en Islande ne pouvant atterrir ici. Heureusement on avait des jours de sécurité.

On partira le lendemain sans difficulté, emportant dans nos mémoires et cartes mémoires de beaux paysages, le chant des glaces, le silence et l’immensité de ce pays et sûrement quelques moustiques.

Fin du voyage.

Notre diaporama.

Le voyage en pratique.

Le blog de l'un des Anglais rencontré.

 

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