Parc naturel de Scandola en kayak de mer

Balade pour 4 jours

Jeudi 8 mai.

Les kayaks de mer sont chargés sur un « rack » artisanal fabriqué la veille et fixé sur la benne du pick-up Nissan Navarra. Les sacs étanches et les sacs poubelle contenant le matériel de bivouac et la nourriture sont entassés dans la benne.

Départ de la maison à 10h le matin, départ de Porto-Vecchio à 11h.

Arrêt près d’Ajaccio, aux locaux de l’association Cors’aventure qui nous prête le matériel qui nous manquait.

Nous somme trois, Martine, kayakiste chevronnée et passionnée, son mari Joseph et leur fils Joseph-Marie (12 ans), tous deux kayakistes occasionnels.

Nous roulons lentement. Arrivons à notre point de mouillage vers 17heures: la petite plage de « Gradelle », près du village d’Osani, juste au nord de Porto.

Mise à l’eau, chargement des kayaks. Nous allons ensuite boire un pot au bar du camping de Gradelle dont les patrons se sont montrés très sympathiques nous permettant de passer par chez eux pour approcher de la mer avec le pick-up.

 

 

Départ de Gradelle 18 heures.

Mer belle, pas de vent, un beau soleil qui ne nous abandonnera jamais pendant les 3 jours de la randonnée.

Les paysages, déjà superbes de Gradelle à Punta à Scopa, deviennent carrément grandioses en allant vers le Capu Seninu et l’entrée du golfe de Girolata: côte très découpée, falaises presque verticales (le Mont Seninu, tout proche du cap Seninu, culmine à 618m) de roche rouge sculptée par l’érosion, constellée de tafoni

(trous) de formes et de dimension multiples.

Nous entrons dans le golf de Girolata, passons tout près du minuscule embarcadère de la navette qui dessert le hameau de Girolata, accessible uniquement par la mer, ou à pied (sentier du facteur) au terme d’une heure de marche.

Nous nous arrêtons à 20 heures dans une minuscule crique avec une petite plage de galets recouverte d’algues qui nous promettent un bivouac moelleux très agréable.

Distance parcourue en mer: 15 km environ.

 

Vendredi 9 mai

Lever paresseux, à 8 heures. Rangement et chargement des kayaks. Départ 10h (nous avons rendez-vous avec Pierre sur l’eau dans cette anse). Trajectoire rectiligne vers Cala Vechja qui marque le début de la réserve de Scandola proprement dite, tant terrestre que marine. En attendant d’apercevoir Pierre a l’horizon, Jojo part explorer l’intérieur par un vague sentier qui grimpe très raide vers le maquis. Il découvre des plates formes circulaires de 7 à 8 m de diamètre soutenues par des murets en pierres sèches, probablement des vestiges de charbonnières.

Nous nous apprêtions à partir à la rencontre de Pierre, qui à quitté Gradelle ce matin, lorsqu’il apparaît dans son kayak Old Town. Après un moment passé à échanger « les dernières nouvelles » (et pour « les Josephs » à se baigner), nous quittons Cala Vechja vers 11h30.

Les paysages sont merveilleux, grandioses, indescriptibles. Toujours cette roche essentiellement rouge, sculptée par les éléments au fil des millions d’années, avec des veines de roches des couleurs les plus variées, ocre, marron, noir, vert foncé, blanc…

Paysage essentiellement minéral mais avec une couverture parcimonieuse de maquis typiquement méditerranéen. (Plus d’une trentaine d’espèces végétale endémiques n’existent qu’à Scandola) La côte est très découpée (de la dentelle) avec des échancrures profondes, des grottes que nous visitons toutes, sans exception et cette eau limpide dont la couleur change en fonction des fonds et de l’éclairage: bleu, vert, turquoise, mauve noir …

Tout à coup, un oiseau de belle envergure nous survole, non pas un des habituels goélands mais un oiseau blanc bordé de marron (vu de dessous) le fameux balbuzard, ou aigle pêcheur. Nous le suivons du regard, émerveillés et apercevons son nid au sommet d’une falaise qui surplombe la mer. Un amoncellement de bois flotté, grisâtre, d’où dépasse la tête d’un jeune. Lorsque nous approchons, il s’envole (peut être le hasard).

A notre étonnement, nous voyons à plusieurs endroits dans la réserve des flotteurs signalant des filets de pêcheurs. Nous apprendrons plus tard que la pêche n’est interdite que pour les particuliers; les professionnels ont le droit de pêcher dans la réserve. Bizarre…

Toujours en suivant soigneusement tous les méandres de la côte, en visitant les moindres grottes nous arrivons au détroit qui sépare l’île de Gargali de la côte. L’île et son inséparable petit frère, l’îlot de Garganella avec leurs côtes abruptes semblent être là pour nous protéger des colères de la haute mer. Au sommet de l’île, une tour génoise bien conservée monte la garde.

Dans le détroit nous rencontrons deux bateaux qui emmènent des touristes. A notre vue, ils réduisent complètement leur vitesse pour ne pas provoquer de remous. Bien que nous ne craignions pas trop ce genre de remous, nous apprécions la gentillesse de leur geste. Des passagers nous saluent chaleureusement, nous félicitent…

Nous passons la Punta Palazzu et nous entrons dans la baie d’Elbu. Nous visitons plusieurs grottes,toutes merveilleuses, l’eau limpide laissant voir des poissons de belle taille et une araignée de mer qui évoluent sud des fonds très variés, sable, roches, algues, coraux rouges, orange, violets, roses, marron, noirs…

Nous nous rendons ensuite à Cala Scandola ou nous projetions de bivouaquer car elle est hors de la réserve, tout de suite au Nord-Est de la limite Nord de celle-ci. Hélas la toute petite plage de gros galets, en pente, fermée par une paroi verticale, est très inhospitalière. De plus, l’eau foisonne de méduses.

Nous reprenons la mer jusqu’à une superbe petite plage, au fond de la baie de Focolara, flanquée de deux ruisselets, où nous bivouaquons.

Distance parcourue en mer: 40 km environs.

 

Samedi 10 mai.

Lever à 8h. Départ à 10h. Encore des paysages merveilleux alternant des parties boisées ou le maquis descend jusqu’à la mer ou aux petites plages et cette roche essentiellement rouge caractéristique de la région.

Nous sommes presque arrivés à Galeria lorsque, miracle, un balbuzard se lève devant nous, plane et vole quelques minutes au dessus de nous puis va se poser sur une autre pointe rocheuse. Tout ça à moins de 500 mètres du village!

Nous arrivons à Galéria à 13 heure, encore ivres de tant de beauté.

P.S.:

Soit au total, une randonnée de 75 km environ en 13 heures de Kayak, vitesse moyenne 5/6 km/h (3,10 nœuds).

Le temps nous à particulièrement favorisés. Dans de telles conditions météo, ce raid est à la portée du kayakiste moyen.

Nos kayaks de mer : trois Seayak de Prijon, excellents kayaks de randonnée, très marins et très porteurs. Nous avons acheté ces kayak, 2 neufs et un d’occasion (très bonne occasion) chez Cors’aventure de même que le petit matériel. Nous tenons, d’ailleurs à remercier François et les moniteurs de Cors’aventure qui se sont toujours montrés gentils, disponibles et serviables.

 Voir les photos.

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