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UN BUGISTE AUX AGAY.

Enfin le printemps, mon Arktika s'agite sur ses tréteaux. Depuis la Corse, cela fait 4 mois qu'il attend ce jour, et je suis encore plus impatient que lui. Scrutant la météo 10 fois par jour, je vois qu'il y aura du vent. Stan me rassure au téléphone : « ben oui, on va travailler les manœuvres dans le vent ». Tiens donc ! Avec force 6, tu vas voir le boulot !. Il va encore falloir travailler !! plus... pour gagner.... un bain !

Photos by Sylvie

Après avoir terminé à la frontale la galerie de ma nouvelle Néréemobile et charger mon kayak de mer, me voilà prêt pour ma saison 4 des Feux de la Mer. Cap au 170. Max m’a recommandé une chambre d’hotes fameuse, du coté du Pont de Mirabeau, ce qui rend le voyage moins fastidieux. Après une courte nuit, je suis Stan et Sylvie   direction Agay, où nous attend une bonne quinzaine de Néréens, avec lesquels je vais faire connaissance, pour la plus part.

Arrivés au camping au milieu des VTT (coupe de France oblige), nous trouvons Patrick déjà installé, avec son Eriba (très) exposée, face au large. Les autres arrivent petit à petit, et je peux enfin contempler le fameux break de chasse, que dis-je, de nav, de Pierre.

Lors d’un petit breffing, Stan rappelle les gestes élémentaires de pagaie dans le vent (ça va être utile ici), puis nous embarquons sur la plage voisine. Le "guru du vent" ne s’était pas trompé, le père Beaufort et sa bande sont bien présents, à 5 ou 6. J’aurai préféré une entrée en matière moins humide, pour ma reprise, et il me faut un petit temps pour retrouver mes repères marins. L’objectif est d’aller se mettre à l’abri de l’Ile d’Or, puis de la contourner par le sud. Tout le monde se retrouve donc derrière l’île où l’on retrouve un peu de calme. Quelque uns déboîtent à la pointe Est, et là c’est un autre monde !

Antoine et Richard avec leur SOT biplace semblent progresser plus « facilement «. Je me retrouve seul avec Marie Odile un peu déporté au large . La remonté est fastidieuse, surtout au niveau de la pointe sud de l’île, avec une mer de plus en plus formée. Cela commence à être gros pour moi, et l’on arrive tout juste à  échanger quelque mots sur la technique à adopter. Je me vois mal faire demi tour dans cette furie, donc il faut avancer pour doubler l’île et faire un bac dans le vent en direction de la côte, tout en gardant l’île à bonne distance derrière soi , au cas où...  désolé Stan, je ne devrai pas le dire, mais il y a des fois ou on serait peut être mieux au boulot !!
Qu’est ce que je suis venu foutre dans ce truc !!! En plus, y a même pas de machine à café pour faire une pose ! Ouf ! Après une rude bataille face au vent l’île est bientôt contournée et cela redevient navigable. C’est le moment que choisi Marie Odile pour me faire travailler les récups !!  C’est son premier bain en mer, et moi ma première récup « in situ ». Et pour une première, on ne s’en sort pas trop mal. Marie Odile remonte rapidement dans son bateau, qui n’a pas trop embarqué d’eau, mais il faut penser à se dégager car l’on a dérivé et l’île se rapproche. Stan arrive avec son ustensile pompeur et fini d’assécher le Marlin chavireur.


Après un léger pique-nique sur l’herbe, nous repartons en convoi vers Agay. L’embarquement est abrité par un petit ponton, mais le vent toujours bien présent et de face,  oblige à pousser fort sur les pagaies pour  remonter vers l’embouchure de l’Agay. La rivière serpente entre espaces verts et constructions, recouverte par le mimosa finissant. On se retrouve même abrité du vent, suivant l’orientation des méandres. Nous remontons jusqu'à un petit seuil qui délimite l’eau salée de l’eau douce. Naviguer en amont doit être possible, mais le fond semble proche. Nous redescendons à l’embouchure marquée par 2 panneaux intrigants : le 1 er annonce un « passage gay » et l’autre, nous recommande de ne pas dépasser 3 noeuds !. Là ça risque pas !!! Nous trouvons une plage où une séance d’échange de kayaks permet aux un et aux autres de se faire une idée des différents bateaux présents.

Après un petit débreffing de la journée et sur surtout une bonne douche bien chaude, tout le monde se retrouve autour un apéro gargantuesque, dans une ambiance très chaleureuse et conviviale comme d’habitude.

Le dimanche commence mal avec un BMS sur la VHF. Pourtant la mer parait plus calme. Pierre décide de partir en éclaireur vers Agay accompagné de Cécile.  Un repli sur le lac de St Cassien est envisagé,un instant. Mais la base avancée nous fait savoir que c’est tout à fait jouable sur Agay, alors on fonce. En chemin, le long de la cote, on peut remarquer que la mer est belle, mais il s’agit d’une baie, qu’en sera-t-il au large ?

Nous partons en direction des Vieilles. Cécile en voulant trifouiller le truc de Laurent qui ne voulait pas sortir (dixit l’intéressée) passe à l’eau d’entrée. Elles sont vraiment prêtes à tout !! L’aller se fait en rasant les cailloux, en passant sous les ponts pour les plus souples, la faim se faisant sentir, la plage de … ? est la bien venue, surtout pour Clémentine qui suit la troupe sans rechigner malgré ses bras endoloris. Le soleil réchauffe cette pose réparatrice, moment de convivialité sans lequel le kayak de mer ne serait pas ce qu’il est. Certains se plaignent même que l’on a plus souvent un verre ou une fourchette à la main, plutôt qu’une pagaie, si, si.

Après la pose, un toubib consciencieux propose d’aller ausculter les entrailles du diable, en guise de dijo. Certains vieux loups de mer avaient repéré l’étroiture qui amenait à une galerie longue d’environ 60m. Quelques courageux à l’âme spéléo se lance dans la traversée avec succès. Stan me rejoint devant l’étroite entrée, je suis sur le point de me lancer quand arrive une série de vagues qui bouche totalement l’entrée et nous ballote sur les cailloux très accrocheurs, surtout avec mon arktika.

Le vent toujours léger a eu la bonne idée de faire demi tour avec nous, et nous accompagne gentiment au retour. Il nous devait bien cela.

Le week- end se termine par une photo de famille, avec déjà de nouveaux rdv Néréens qui se profilent. J’ai vraiment hâte de retrouver la troupe et cette ambiance si chaleureuse.

Et dire qu’il va falloir attendre Pentecôte….
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