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Bormes les mimosas - 8 au 12 mai 2008

Il est un peu plus de 10h ce jeudi 8 mai lorsque j'arrive au camping de Bormes les Mimosas pour un petit rassemblement Nérée-CK/Mer mettant à profit le long week end qui s'annonce.
Les formalités d'accès passées, c'est armé du plan (indispensable) de ce camping gigantesque (1200 emplacements répartis sur 45ha) que je pars à la recherche de Sylvie et Stan dont j'avais fait la connaissance lors de mon bivouac à Esparron.

Lorsque je les trouve j'apprends que la météo s'annonce mauvaise pour le kayak de mer et que beaucoup de participants prévus ont préféré renoncer plutôt que de traverser tout ou partie de la France pour rien.
Pour Sylvie et moi c'est plutôt une bonne nouvelle d'avoir un prof comme Stan pour nous tous seuls et même si on ne peut pas faire les randos prévues j'ai tellement de choses à découvrir (à commencer par les vagues) que le simple fait de raser les cailloux de la plage sera forcément bénéfique et instructif. Je suis venu pour découvrir la mer en kayak et travailler certaines manœuvres (paddle float notamment) afin d'améliorer ma sécurité.

 

C'est jour de manœuvre pour la marine visiblement: 2 gros bateaux gris sont au large, régulièrement des hélicoptères s'y posent ou en décollent enfin bref c'est un peu bruyant.

Après le déjeuner c'est le moment de vérité: on décharge les kayaks et on se prépare pour aller faire une petite rando en direction de Brégançon.
Sur la plage il n'y a pas grand monde ce qui m'arrange: quitte à être ridicule autant que ce soit en petit comité.
Je regarde la mer, les vagues me paraissent bien grosses tout à coup...
Bon c'est pas le tout mais faut y aller; Stan et Sylvie sont déjà partis alors que je suis toujours en train d'essayer de mettre cette p..... de jupe.

Les premiers coups de pagaie sont hésitants, les vagues c'est pas habituel pour moi et ça remet tout en cause ou presque: hors de question de giter dans les vagues, si je fais ça je vais me foutre en l'air c'est sûr... Je rattrape péniblement Stan et Sylvie qui ont eu le bon goût de m'attendre un peu.
Je suis juste en arrière de Stan et légèrement décalé, je lutte contre les vagues qui arrivent par le côté, je rattrape en permanence un équilibre que je perds aussitôt après pour le récupérer in extremis.
Je me dis que ça va forcément pas durer et qu'immanquablement je vais passer à la baille lorsqu'une vague arrive, pas pire que les autres mais cette fois-ci je me penche pas du bon côté et avant même que le kayak ne soit retourné je suis déjà en train de barboter dans la grande bleue.


Comme on vient juste de partir, je lance les pieds vers le fond, on ne sait jamais mais évidemment on n'a plus pied à cet endroit, fallait pas rêver. J'ai à peine le temps de me dire qu'elle n'est pas chaude que Stan est déjà là: "reste accroché à ton kayak et récupère ta pagaie". Ah ben vi c'est vrai, j'avais une pagaie au départ, elle est passée où celle-là? Je lâche le kayak le temps de la récupérer et retourne à ma ligne de vie.
"Passe moi ton kayak et ta pagaie et va faire le cochon pendu au bout de mon kayak"
Stan passe ma pagaie à Sylvie, attrape mon kayak, le retourne et le vide pendant que je suis accroché à la pointe de son kayak.
Finalement, après le choc de départ l'eau est plutôt bonne Stan maîtrise visiblement la manœuvre et j'avais de toutes façons prévu de finir à l'eau à un moment ou à un autre donc tout se déroule suivant mes plans finalement.

Stan à mis les 2 kayaks en parallèle, je me hisse sur le sien, accroche la ligne de vie du mien sur lequel je me couche et réussi à glisser mes jambes dans l'hiloire avant de me tourner dans le bon sens. Manœuvre de récupération parfaitement réussie, merci Stan!
Après avoir vidé le peu d'eau qui reste dans le kayak, je rejupe et on peut repartir.
Ca bouge toujours mais je commence à m'habituer, à laisser traîner la pagaie sur la vague pour m'appuyer dessus quand c'est nécessaire et si je ne suis pas forcément très rassuré je m'aperçois que ça se passe pas si mal que ça.
Sylvie a demandé à faire du rase-cailloux, et a obtenu sans problème mon soutien pour cette option... Quitte à repasser à la baille, je préfère avoir pied.

La côte défile, on passe le cap Bénat puis le cap Blanc et on se dirige vers l'Ouest.
Une vedette de la SNSM part à fond vers le large, si c'est pour moi ils sont un peu en retard...
On rase les cailloux, on se faufile entre eux, parfois ça frotte sous la coque mais ça va.
Au bout de près de 2h de nav' environ, on fait demi-tour avant d'arriver au Fort de Brégançon: avec Sylvie on veut faire des exercices sur la plage au retour et on pourra toujours voir si Carla et Nicolas font du naturisme un autre jour.

"Heu... on avait dit qu'on faisait du rase-cailloux, non?"
"Ben oui mais c'est plus court en coupant les criques..."
Bon ben y'a plus qu'à serrer les fesses...
La côte défile plus vite c'est sûr mais je ne suis pas très rassuré: ça bouge, Stan et Sylvie ont au moins 100m d'avance, si je passe à la baille...
Des zodiacs, avec des mecs pas tibulaires mais presque à bord, passent à fond: les commandos Hubert sont de la partie dans les manœuvres de la marine visiblement.
De temps à autres des bateaux nous croisent et leurs vagues se rajoutent aux autres; jusque là tout va bien, jusque là tout va bien, jusque là tout va bien...
Néanmoins Stan regarde régulièrement derrière pour surveiller si je suis et on arrive à la plage sans encombre.

Maintenant c'est l'heure des manœuvres; avec Sylvie on veut aller près de la plage mais Stan veut que nous n'ayons pas pied et nous fait remarquer avec raison que de toutes façons les vagues nous poussent vers la côte et que même en commençant après les bouées on va à coup sûr finir sur le sable.

C'est Sylvie qui commence, j'observe accroché à une bouée pour ne pas dériver.
Elle fait les exercices de pointe mais arrête rapidement car elle trouve l'eau trop froide.
C'est à mon tour d'attraper la pointe du kayak. Comme je suis très à l'aise dans l'eau (j'ai pas dit "sur l'eau") et que je suis déjà mouillé je trouve ça facile à faire et passe rapidement au suivant: le paddle float. C'est là que ça s'est gâté...

Au dernier exercice de pointe je me laisse choir de l'hiloire (mais cette fois c'est par choix que je chois). Je sors des élastiques derrière l'hiloire le gilet faisant fonction de paddle float et tout en nageant près du kayak l'enfile sur la pagaie et commence la manœuvre que je connais par coeur... dans sa partie théorique.
La première partie ne se passe pas trop mal mais dès que je prends appui sur le kayak, le gilet se barre de la pelle...
Après plusieurs essais Stan me passe son paddle float gonflable. Je le déroule, le gonfle, l'enfile au bout de la pagaie et l'attache au manche.
Cette fois ci plus de soucis, le paddle reste bien sur la pelle mais c'est une fois dans l'axe du kayak qu'invariablement je passe par-dessus et me retrouve de l'autre côté du kayak.
Après 5 ou 6 essais infructueux je laisse tomber: cela doit faire 10 minutes que je me bats dans l'eau et je commence à fatiguer un peu. C'est pas grave je sais que je ne suis pas loin de réussir: il faudra remettre l'ouvrage sur le métier, c'est tout.
Avec Sylvie nous faisons promettre à Stan de nous faire une démo le lendemain.
Pour moi de toutes façons tout cela est très positif: puisque ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort j'ai forcément progressé grâce à mes échecs; je n'en ai pas conscience c'est tout.

Alors que nous ramenons les kayaks au camping nous croisons Joce qui vient d'arriver; il a vu l'annonce du rassemblement sur le site de Nérée et a décidé de se joindre à nous avec son épouse Fabienne. Il a aussi amené la planche à voile pour les jours où il y a trop de vent pour le kayak: il ne le regrettera pas.

Le soir lors du repas nous écoutons la météo sur la VHF de Stan: le vent va forcir et la mer grossir; pour demain randonner semble compromis mais ça n'est pas grave, des exercices en bord de plage me conviennent très bien.

Le lendemain matin dès le lever je vais sur la plage: la météo avait raison ça souffle plus et la mer est plus agitée qu'hier. Des membres du club de Draguignan doivent venir nous voir et nous ne sommes donc pas surpris de recevoir leur appel vers 10h. Nous les rejoignons sur le parking de la plage et faisons connaissance de Claude, Franck et Maude.
Claude et Franck sont de "vieux" moniteurs en rivière alors que Maude est une jeunette de 17 ans mais qui ne s'en laisse pas compter. Ils ont pour naviguer un biplace pour Franck et Maude tandis que Claude les accompagnera en Ysak.

Pour notre part nous remettons nos exercices à l'après midi et les invitons pour l'apéro sachant que vu la mer ils ne vont pas pouvoir s'aventurer très loin. Nous les regardons s'éloigner rapidement et regagnons notre campement. Une heure après nous retournons sur la plage voir l'état de la mer alors qu'ils viennent de regagner le rivage.
L'apéro et le repas qui suivent sont fort animés, les Dracénois et Stan ont beaucoup d'expériences de rivière en commun, des anecdotes à la pelle et je ne vois pas le temps passer.

L'après midi Stan veut aller surfer les vagues; avides de spectacle Sylvie et moi ne demandons rien de mieux.
Nous rappelons à Stan qu'il doit nous faire une démonstration de remontée avec paddle float ce qui intéresse également les kayakistes de rivière qui nous accompagnent et de qui cette technique est inconnue.

Comme proposé par Stan j'essaie son Kialivak à l'abri de la digue; cela confirme mes impressions de la veille: c'est nettement plus rapide au démarrage et comme Stan me l'avait dit beaucoup plus stable que le mien. Ne pouvant pas sortir de la digue à cause de la mer trop formée pour moi je le lui rends rapidement mais il faudra que je réessaie à nouveau.

Stan met son Kialivak à l'eau, fait le tour de la digue et attaque une séance de surf. Comme Franck se sent des fourmis dans les pagaies il le rejoint bientôt à bord de l'Ysak. Les 2 compères s'en donnent à cœur joie, Franck bascule volontairement dans l'eau mais à peine a-t-il disparu qu'il remonte de l'autre côté grâce à un esquimautage impeccable.
C'est sur un esquimautage raté que Franck arrête. J'en profite pour emprunter l'Ysak afin de le tester à l'abri de la digue. Je m'y sens à l'aise tout de suite, il me paraît rapide, stable, facile à manoeuvrer enfin bref très intéressant.

Stan revient après une séance de surf bien remplie. Durant celle-ci il a perdu le paddle float gonflable qu'il avait "élastiqué" sur le pont. Il fera sa démonstration avec 2 planches de piscine.
Il refait le tour de la digue et attaque sa démonstration. N'ayant pas envie de se mouiller les cheveux (je présume) il descend de son kayak grâce au paddle float, quel tricheur... Après un premier essai infructueux il réussit à remonter à bord. Sa technique n'est pas celle qu'on voit habituellement (il met sa pagaie derrière l'hiloire mais remonte devant la pagaie et non pas derrière) mais ça fonctionne visiblement.

Les Dracénois doivent nous quitter et c'est à mon tour d'aller à l'eau, je veux à tout prix réussir avec le paddle float. Et ça marche... Trois fois de suite je réussis à remonter sans me remettre à l'eau immédiatement. Alors bien sûr c'était à l'abri de la digue à un endroit où j'avais pied mais j'ai quand même réussi et suis tout content de moi.

Pour fêter ça je vais moi aussi essayer de surfer...
J'ai lu partout que c'était génial et en théorie assez facile: quand on sent l'arrière du kayak se lever on donne quelques bons coup de pagaie et on laisse faire. La pratique est un poil plus compliquée...
Je me dirige vers la digue, fait demi tour et la proue dirigée vers la plage attend la vague...
Ca y est l'arrière se lève, je commence à pagayer franchement, ça accélère fort et c'est vrai que c'est grisant... Oui mais voilà, ce qu'on ne lit jamais c'est la suite...
Parce qu'une fois parti en surf le bateau n'a qu'une envie: tourner soit à droite, soit à gauche. Et tourner ça veut dire se retrouver perpendiculaire à la vague avec une seule certitude: se retrouver à la baille. J'essaie plusieurs fois mais la fin est toujours la même: retour sur la plage en tirant piteusement le kayak pour le vider...
A chaque vidage Stan me dit qu'il faut que je me penche sur la vague pour y prendre appui mais l'idée même que se pencher au dessus de l'eau permet d'y créer un point d'appui est très difficile à concevoir pour moi et invariablement je me retrouve à l'eau.
Tant pis, on verra demain, la nuit porte conseil et permettra sans doute d'assimiler les conseils éclairés de Stan. Pour l'heure, la douche m'appelle.

Le soir la météo confirme que pour le lendemain la situation sera toujours la même et que, faute de rando on continuera les exercices.

 Le samedi matin la visite sur la plage confirme que la rando ce ne sera encore pas aujourd'hui, tant pis. Après le petit déjeuner, on se change et avec Sylvie on met les kayaks à l'eau pour travailler à l'abri de la digue. Et là ça commence à marcher... Lorsque je sens que le kayak, une fois parti au surf commence à tourner je me penche en arrière du côté de la vague et prend appui dessus jusqu'à ce qu'elle soit passée sous le kayak. Bien entendu je suis tellement content que ça ait fonctionné que j'oublie que derrière ma vague il y en a plein d'autres et en général la suivante me balance par-dessus bord mais ça a marché...
Peu à peu toutefois je commence à mieux gérer: une fois passée la vague que je surfe, je laisse passée la suivante en prenant appui dessus juste ce qu'il faut puis avant la 3° remet mon kayak en direction du large pour retourner au point de départ. Toutefois j'ai du mal à démarrer vraiment quand la pointe arrière se soulève et je dois commencer à pagayer avant que la vague n'arrive vraiment.

A la fin de la séance Stan constate les progrès mais me dit que dès la vague de surf passée il faut que j'attaque la rotation vers le large par des circulaires pour que la deuxième vague ne m'emmène pas plus que de raison vers la plage; je dois également me pencher plus vers l'avant pour démarrer. On verra à la séance suivante. Pour l'heure je préfère arrêter: il y a de plus en plus de baigneurs, notamment des enfants qui chassent les méduses avec un certain succès, et je n'ai pas envie d'en faucher un avec la pointe de mon kayak. Pendant la même séance Sylvie a l'air de s'être bien amusée également et elle aussi a testé le pouvoir mouillant de l'eau, je me sens moins seul...

Après le repas nous retournons voir l'état de la mer: elle semble encore plus grosse que le matin, les surfeurs sont de sortie et pendant plus d'une heure nous allons les admirer ce qui me permettra de prendre plein de photos et de vidéos sympas. On constate aisément qu'eux aussi ont besoin de l'appui sur la vague et que dès qu'ils le perdent (sur la mousse notamment) la punition est immédiate.
Ensuite nous nous offrons une petite balade pédestre vers l'ouest histoire de faire quand même un peu d'exercice.

De retour au camping après une collation nous nous apercevons qu'il n'y a plus de baigneurs et arrivons à convaincre Stan de nous faire une démonstration de surf: ayant maintenant conscience des problèmes rencontrés l'observation de Stan me permettra de visualiser vraiment ce qu'il faut faire.
Stan s'étant finalement laissé tenter c'est avec délectation que je le filme et le prends en photo.
A la fin il dira s'être bien fait plaisir mais qu'effectivement il n'est pas facile de démarrer les surfs; je suis peut être pas si mauvais après tout.
La météo devant s'améliorer dans la nuit, pour demain nous envisageons une rando jusqu'aux îlots de Léoube près de La Londe. Joce, qui jusque là n'a fait que de la planche à voile, se joindra à nous.

Le lendemain matin la météo annonce 5 Beaufort voire 6 sur la VHF et même 7 par endroit sur Météo France. Dès ma visite sur la plage en me levant j'avais eu un doute sur la compatibilité de la rando avec mon niveau, les bulletins météos le confirment et quand Sylvie dit "c'est trop pour moi je reste ici" je suis très heureux de me proposer pour faire avec elle des exercices sur la plage; ouf je m'en sors bien...

Finalement seuls Stan et Joce partent vers 10h00. Nous les accompagnons sur la plage avec Sylvie et les regardons s'éloigner. De retour au camping je propose à Sylvie d'aller attendre leur passage sur la plage de Brégançon avec le rosé pour pique-niquer. Comme Stan a dit vouloir s'y arrêter elle trouve l'idée sympa et c'est au son des chansons des Goristes (que j'écoute en boucle dans la voiture) que nous nous dirigeons vers la plage de Brégançon.

Lorsque nous y arrivons nous constatons que la zone est très militarisée: il y a évidemment l'habituelle vedette de la gendarmerie maritime qui veille sur la sécurité de la résidence présidentielle mais aussi 5 gros bateaux gris au large.
Nous constatons également que la mer est très calme à cet endroit, ça nous ferait presque regretter de ne pas y être allé.
Nous longeons la plage en direction du fort en espérant que nous pourrons franchir la route d'accès au fort pour continuer le long du rivage. Pas de problème la loi littoral est respectée et nous nous engageons sur un sentier escarpé en scrutant la mer. Passé le fort la mer est de nouveau agitée et pour ma part je ne regrette pas d'être resté à terre...

Après une dizaine de minutes de marche nous sommes bloqués dans notre progression à cause de falaises abruptes mais ça n'est pas grave puisque nous voyons arriver nos 2 kayakistes au loin; il est midi moins cinq. Pour qu'ils nous repèrent j'ai pris la corne de brume mais au moment où je veux m'en servir pas un son n'en sort; c'est après plusieurs essais qu'elle fonctionne enfin à nouveau.
Les 2 compères rentrent dans la zone de sécurité interdite autour du fort et alors que nous rebroussons chemin parallèlement à eux Sylvie me dit de ne pas me servir de la corne tant qu'ils y sont afin de ne pas attirer l'attention sur eux. J'essaie de téléphoner à Stan mais son téléphone est éteint.

Il apparaît rapidement que nos 2 kayakistes vont beaucoup plus vite que nous car ils n'ont pas l'intention de s'arrêter à la plage prévue mais tirent tout droit en direction de leur objectif final. Lorsque nous les voyons disparaître derrière les îlots de l'Estagnol nous rebroussons chemin et avec Sylvie nous décidons donc de pique-niquer tous les 2. Tant pis pour eux on gardera le rosé pour nous...

Après le pique-nique nous allons boire un café sur la plage en espérant voir nos 2 navigateurs sur le chemin du retour. Après un 2° café il est près de 3h et ne les voyant pas revenir nous prenons le sentier du littoral en direction de La Londe pour aller à leur rencontre.
Au fur et à mesure de notre progression nous regardons à la fois au large et au ras des cailloux mais ne voyons rien. Arrivé un peu en hauteur avec une vue sur les îlots de l'Estagnol nous nous arrêtons et scrutons l'horizon.

"Regarde au fond entre les îlots!!!" me dit Sylvie
Je scrute à l'aide de la corne de brume et en me bouchant un œil pour ne pas être parasité et au bout d'un moment je vois en effet 2 points qui avancent de conserve.
"Tu as raison il y a quelque chose..."
" C'est bizarre ils sont vraiment près l'un de l'autre et l'écart ne change jamais, ça doit plutôt être un K2".
" Tu veux dire qu'il y aurait d'autres fondus pour partir en kayak?"
"En tout cas je n'en vois qu'un pagayer devant" dit Sylvie.
Pour ma part ma vue ne me permet pas d'être aussi affirmatif mais si c'est vrai ça veut dire soit que c'est effectivement un K2 soit que le premier remorque le deuxième.
Pour confirmer je demande à tous les randonneurs s'ils ont des jumelles mais ils en sont tous dépourvus.

On rebrousse chemin afin de regagner la plage de Brégançon; à plusieurs reprises nous perdons la mer de vue mais arrivés à la plage nous guettons leur passage.
Rien...
Nous ne les voyons pas arriver et au bout de 5 minutes on se demande où ils sont passés.
Sylvie repart en sens inverse pendant que j'attends sur la plage mais toujours rien.
Lorsque je vois le zodiac attaché à la vedette de la gendarmerie maritime partir à toute vitesse vers l'endroit où nous les avons perdus je pars également en sens inverse pour rejoindre Sylvie.

Fausse alerte, le zodiac est juste parti contrôler des bateaux à moteur. Nous avons beau fouiller la mer avec les yeux nos kayakistes ont disparu. Nous descendons dans la crique suivante; des promeneurs nous disent les avoir vus presque une heure et demie avant. Je demande aux gendarmes maritimes, on ne leur a rien signalé c'est déjà un point positif.

Finalement après tous ces allers-retours nous reprenons la voiture pour retourner au camping.
Il est presque 16h30 lorsque nous y arrivons et comme je n'ai pas encore foutu les fesses dans un kayak de la journée je propose à Sylvie d'aller voir sur la plage s'il y a des baigneurs.
Comme il n'y en a pas je prends mon kayak pour faire quelques exercices sous les yeux de Sylvie que ça ne tente pas. Au moment où je mets à l'eau devinez qui on voit arriver depuis la pointe qui ferme notre horizon: nos 2 kayakistes évidemment.
Comme ils sont quand même assez loin et que la mer est encore trop forte à mon goût je ne suis pas la suggestion de Sylvie d'aller les rejoindre mais me lance dans quelques surfs presque parfaits (en tout cas pour moi), sans chute à l'arrivée et avec réorientation vers le large dans la foulée de la fin du surf ou presque... Et tout ça sans la protection de la digue cette fois ci.

Alors que j'attaque mon 4° ou 5° surf nos 2 excursionnistes me rejoignent et se lancent eux aussi dans quelques surfs. Joce blackboulé par une vague et ne voulant pas abîmer son magnifique kayak canadien (Riot Aura) abandonne rapidement mais Stan choisit de m'accompagner avant d'arrêter à son tour; après un périple de 13 milles il mérite bien un peu de repos.
Evidemment comme je me sens de plus en plus à l'aise, je tente des trucs plus osés pour finalement arriver au même éternel résultat: le passage à la baille.
Là où ça se gâte c'est que cette fois je ne suis plus à l'abri de la digue et les vagues déferlent rapidement. Alors que je reprends pied dans à peine 20cm d'eau une vague me pousse violemment ce qui me permet de m'apercevoir que j'étais sur un rocher et que maintenant je suis sur le sable 50cm plus bas... Comment je m'en aperçois? Par la douleur qui monte de ma cheville. Je regagne la plage comme je peux sur un pied ou presque et me repose un peu avant d'y retourner. Ma cheville va mieux, ça n'était pas si grave que ça, ouf.

Après encore quelques surfs nous regagnons tous le camping pour boire l'apéro.
Ensuite ce sera pizzas pour Sylvie, Fabienne, Stan, Joce et moi. C'est le dernier soir et la discussion dure un peu mais quand je vais me coucher peu avant minuit je m'aperçois que ma cheville s'est rappelée à mon bon souvenir: elle est enflée et je peux à peine poser le pied gauche par terre.

Lorsqu'à 2h26 du matin je me réveille je comprends que je ne me rendormirai pas...
Dès que je bouge j'ai mal à ma cheville et ça ne s'arrange pas vraiment.

A 3h05 un bruit de pas très martelé se fait entendre sur le chemin: je me vois dans "La grande Vadrouille" lorsque la patrouille allemande passe près des 2 héros planqués au coin de la rue avec la roue de la bicyclette qui tourne encore. Pourtant la personne est seule mais elle fait vraiment un bruit de pas très martial et comme le camping est rempli d'allemands (au point que dans les blocs sanitaires les panneaux sont en français et en allemand sans un seul mot d'anglais) mon imagination a sans doute fait le reste...

A 3h22 il commence à pleuvoir.

A 3h25 il s'arrête de pleuvoir.
Ces 3 minutes auront suffit à tout salir vu que la pluie était chargée de sable, y'aura plus qu'à laver les voitures...

A 3h45 je me pose la question de savoir si je vais aux urgences de Hyères maintenant ou si j'attends d'aller à Brignoles où je connais tout le monde.

A 5h06 j'entends Joce se lever et se préparer pour aller courir, c'est long une nuit sans sommeil...

A 7h00 je me lève: de toutes façons je ne peux plus dormir et comme je suis quasiment à cloche-pied en permanence je vais perdre un temps fou à tout plier. Je me doute bien que si je demande de l'aide à mes compagnons ils se feront un plaisir de me filer un coup de main mais je veux en faire le plus possible seul.

Finalement à 8h j'ai réussi à tout faire, il n'y a que le kayak à mettre sur les barres de toit pour lequel j'aurai besoin d'aide, merci Stan. Pour vérifier que je n'aurai pas de problème avec l'embrayage je vais acheter les croissants avec la voiture; ouf ça marche, enfin ça roule.

Il est près de 9h lorsqu'après avoir pris le petit déjeuner avec mes compagnons je prends la direction de la maison. A 10h15 j'y suis et à 10h45 je suis aux urgences de Brignoles avec mon épouse.
Comme il n'y a pas beaucoup de monde l'attente sera de courte durée.
Examen clinique, radios, la sentence tombe: grosse entorse à soigner avec attention.
On me prescrit tout ce qu'il faut, des cannes anglaises à l'atèle gonflable en passant par les anti inflammatoires, les compresses alcooliques, les séances de kiné et le médecin me dit: "tu fais ce que tu veux mais je te colle en arrêt pour 15 jours..."
Le lendemain je ferai réduire mon arrêt par mon médecin traitant à une semaine; si ça ne va pas il sera toujours temps de le prolonger de toutes façons.

Ceci dit un arrêt de travail c'est pratique pour prendre le temps de rédiger un compte rendu.

Pour ceux que les photos et les vidéos de ce séjour intéressent c'est là:

http://picasaweb.google.com/yvesg83/...as8Au12Mai2008

Merci de m'avoir lu aussi longuement, vous pouvez maintenant reprendre une vie normale.

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