Description de ma voile de kayak de mer

Après ma démonstration lors de la Randonnée Port-Cros du 28/29 Oct 2006, qui m'a permis une traversée de 4 miles nautiques sans effort, mais une navigation d'acrobate par vent arrière le long de l'île, je vous décris ici sa réalisation et son mode d'emploi, photos à l'appui. Seule la voile sur les photos est différente (mais de dimensions similaires) de celle de Port-Cros, tout le reste est identique, même le kayak...

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I - DESCRIPTION DE LA REALISATION

Photo 1:
sail01La voile est démontable et peut être roulée séparément. Elle peut aussi être roulé avec les mâts fixés au pont (voir photo 27). Seul un cordage d'environ 5 m (tendeur avant de mât ou "forestay") reste toujours en place avec poulie à la pointe avant, guide corde et taquet coinceur sur le pont devant l'hiloire (voir photo 26).

 

 

 

 

 

 

 

 Photo 2: sail02La voile, les mâts (1m60) et les cordages (fixation de la voile et écoutes), une fois déroulés. Deux mousquetons en plastique crochettent les oeuillets supérieurs, et deux bouts de cordes noués aux oeuillets inférieurs percent latéralement la base des mâts pour ressortir dans son axe pour l'attache aux lignes de vie du pont.

 

 

 

 

 

 

Photo 3:
sail03La voile, vue perpendiculaire, pour visualiser ses proportions (trapèze 1m26; 2x1m30, 0m30). La base du trapèze (30cm) est à ajuster à la distance entre les deux lignes de vie au points de fixation sur le pont (voir photo 17). Celle-ci est en plastique transparent semi rigide, mais il est plus agréable de la confectionner en toile de voile standard avec une fenêtre en plastique transparent centrée sur la moitié inférieure du trapèze.

 

 

 

 

 

 

Photo 4:
sail04Détail de la fixation inférieure: les mâts sont en fibre de verre (tronçon de canne à pêche télescopique) de longueur 1m60, diamètre inférieur 22mm, supérieur 16mm. Afin d'obtenir longueur et diamètres voulus, j'ai assemblé deux tronçons successifs entre eux, scotchés (au "duck") pour éviter l'effet télescopique et coupé les extrémités afin d'obtenir des diamètres compatibles avec des bouchons (pieds de chaise standards) emmanchés forcé aux extrémités. Le cordage inférieur (4mm) d'abord noué à un oeuillet inférieur de la voile, est introduit dans un trou percé latéralement au mât au dessus du bouchon puis ressorti par un trou percé au centre du bouchon. L'extrémité destinée à la fixation au pont est chauffée pour former un bourrelet empéchant son extraction du mât pendant les manipulations.

 

Photo 5:
sail05Détail de la fixation supérieure: un simple noeud de cabestan avec un cordage (4 mm) sur l'extrémité supérieure du mât et un mousqueton en plastique pour la fixation à la voile (décrochable durant les manoeuvres de navigation). La longueur du cordage est à ajuster aux dimensions de la voile et des mâts (penser aussi à donner du "mou" pour le rangement sur le pont).

 

 

 

 

Photo 6:
sail06Détail de la fixation supérieure: afin que le noeud de cabestan ne glisse pas sur la mât, quelques tours de scotch, d'abord autour du mât seul, viennent ensuite maintenir l'extrémité inutile du cordage juste pour la finition.

 

 

 

 

 

 

Photo 7:
sail07Détail de la fixation des écoutes: encore un noeud de cabestan avec une corde (6 mm pour éviter les noeuds et faciliter les manipulations de navigation) à 36 cm de l'extrémité supérieure du mât. L'extrémité inutile du noeud de cabestan est récupérée avec une longueur suffisante pour confectionner une boucle destinée à l'attache du tendeur avant de mât ("forestay") par un mousqueton en plastique). Quelques tours de scotch sur le mât de part et d'autre du noeud de cabestan immobilisent définitivent sa position sur la mât (un peu plus de tours du coté inférieur du mât à cause des forces en jeu).

 

 

 

  Photo 8: sail08Tendeur avant de mât (forestay): 5 à 6 m de corde (6 mm pour éviter les noeuds et faciliter les manipulations de navigation) avec un mousqueton en plastique pour la fixation au mât, une poulie fixée à la pointe avant du kayak....

 

 

 

 

 

 

Photo 9:
sail09Tendeur avant de mât (forestay): .... sur le pont, un guide corde en plastique (type avec tube inox moulé) et un taquet coinceur adaptés à une corde de 6 mm.

 

 

 

 

 

Photo 10:
Vue rapprochée du modèle de guide corde.
sail10Variante:
Un autre type de tendeur de mât beaucoup plus simple à réaliser et à utiliser (une corde de moins à manipuler) est possible avec deux sandows, fixés à la pointe avant et à chaque mât une bonne fois pour toutes durant toute la navigation. La position résultante des mâts est moins "fine" durant la navigation, mais c'est une appréciation personnelle et ça marche aussi très bien. Un petit défaut de la solution "sandows" est que pour changer le croisement des mâts durant la navigation il faudra se faire aider par un autre kayakiste ou alors il faudra le prévoir à l'embarquement en fonction du vent dominant pour un trajet donné. La solution "corde et poulie et ..." permet d'être totalement autonome pour le croisement des mâts; à ne pas faire tout de même sans s'abriter si la mer est trop agitée ou le vent trop fort.


 

II - MONTAGE DE LA VOILE SUR LE KAYAK ET MODE D'EMPLOI.

Photo 11, 12 et 13:
sail11Sur chaque mât, confectionner un noeud de prussic (un cousin proche du noeud de cabestan) autour de la ligne de vie au points de fixation choisis. Serrer le noeud au plus près du mât.

 

 

 

 

 

sail12Fixer ensuite les mousquetons sur les oeuillets supérieurs de la voile et le mousqueton du tendeur de mât sur la boucle de l'un des deux mâts. Le croisement des mâts entre eux dépend de l'orientation du vent pendant la navigation. La fonction de "Mât" est assurée par celui qui croise l'autre vers l'avant du kayak (et qui est accroché au tendeur de mât). La fonction de "Bôme" est assurée par celui qui croise l'autre vers l'arrière du kayak; on en déduit la position privilégiée du vent par rapport au kayak. C'est dur à comprendre la première fois, mais on s'habitue très vite à l'usage ! Même si on s'est trompé, ça marche aussi, mais l'angle maxi de décrochage est atteint plus tôt.

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Photo 14, 15 et 16:
sail14Monter le système de réglage des écoutes: mini manille fixée par une simple boucle de drisse en un point de ligne de vie (déplaçable sur la ligne de vie). L'écoute passe par cette manille et est fixée par un simple noeud largable lors du réglage de l'écoute. Penser à terminer l'extrémité de l'écoute par un noeud simple pour éviter qu'elle s'échappe de la manille pendant la navigation (d'où la mini manille).

 

 

 

 

sail15C'est le système que j'utilise actuellement, mais il peut être amélioré notament avec un système de réglage rapide et surtout à une seule main manipulatrice. Celà reste à cogiter avec peut-être des taquets coinceurs, mais il faut savoir que la tension sur les écoutes peut être importante et que les chocs peuvent être violents (c'est la ligne de vie qui fait amortisseur). Le déplacement du point d'attache sur la ligne de vie m'a paru peu utile jusqu'à présent. Peut-être l'avis d'un vrai marin ou d'un grimpeur nous serait-il utile ?

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Photo 17, 18 et 19:

sail17sail18sail19Relevage de la voile lorsque celle-ci est affalée vers l'avant du kayak: en tirant par les écoutes, l'une après l'autre (le tendeur de mât doit être, soit préréglé, soit libéré du taquet coinceur). Pour parfaire la position du "Mât", régler aussi le tendeur avant de mât au taquet coinceur (ce qui est impossible avec la solution "sandows", c'est le vent qui choisit la position des deux mâts! ).On peut aussi relever la voile à partir d'une position vers l'arrière (position voile rangée au niveau de l'hiloire) lorsque les écoutes sont déjà réglées en position acceptable, en tirant par le tendeur avant de mât (ce qui est automatique avec une solution "sandows"). Si les écoutes ne sont pas réglées, on passera d'abord de la position voile rangée à l'arrière, à la position affalée à l'avant en tirant par le tendeur avant de mât (ce qui est automatique avec une solution "sandows").

 

Photo 20, 21, 22 et 23:

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sail22sail23 Différentes vues de la voile levée, sans vent (ni mer).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo 24:
sail24 Rangement de la voile en navigation: libérer le tendeur avant de mât du taquet coinceur et tirer sur l'une des écoutes (sans changer leur réglage) pour récupérer l'un des mâts.

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo 25:
sail25 Rangement de la voile en navigation: décrocher l'un des mousquetons supérieur de voile (si on libère les deux, le vent peut repousser la voile vers l'avant et il faudra manoeuver pour la récupérer vent de face si tout va bien).

 

 

 

 

 

 

Photo 26 et 27:
sail26 Rangement de la voile en navigation: enrouler la voile au plus serré autour des deux mâts réunis et attacher l'ensemble sur un coté de l'hiloire.

Pour améliorer le rangement, il faudrait lui adjoindre un système rapide d'attache d'urgence (abordage ou accostage imminent, risque de colllision, récifs, vent forcissant...) sans trop rouler la voile. Les systèmes d'attache sont à adapter suivant le kayak pour que la voile gène le moins possible.


 

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Photo 28, 29, 30 et 31:sail28

 

 

 

 

 

 

 

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Différentes vues de la voile levée avec vent et mer (parfois formée). Je n'ai pas de photo de notre record de vitesse et de distance en Grèce par mer formée et grand vent. La photographie devient dangeureuse dans ces conditions !! déjà même la voile !! Il faudrait envisager de fixer l'appareil étanche sur le kayak et l'enclencher à distance !