Galettes entre les Lecques et Bandol

 

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         Lorsque le groupe venant de Bandol arrivait sur le parking de la Madrague, Jean & J.L débarquaient le Kratouna, et Stan finissait de porter son matériel. Décidément tout le monde était ponctuel ce dimanche matin, car à peine les vœux pour la Nouvelle Année étaient échangés que les deux véhicules partis de Marseille nous rejoignaient. Tandis qu’après avoir déchargé les kayaks et divers matériel, toutes les voitures rejoignaient l’arrivée pour y être garées, le reste de l’équipe préparait le départ. Aussi, la mise en train fut rapide et la “mise  non pas “en jambes” mais “en dos et épaules” se fit sur une mer à peine agitée jusqu’à la pointe Grenier. Au niveau de ce cap, la houle résiduelle du coup d’ouest de l’avant-veille était enflée par le vent qu’Éric D nous avait décrit comme soufflant toujours vers Marseille et devait pimenter la navigation. Cette mer formée excitait certains, qui partaient devant, le long des falaises, et d’autres, moins à l’aise, qui tiraient plus au large, alors qu’elle berçait les derniers restés plus contemplatifs en fin de peloton.

    Tout à coup, alors que la torpeur semblait guetter celui qui comptait les plumes des queues de cormoran afin de s’assurer qu’un kayakiste inspiré n’en ai pas volé une, un cri retentit : “il y a un à l’eau !”. Bob, en attentive sentinelle, venait d'apercevoir une des embarcations de tête, retournée ; aussitôt la petite troupe solidaire accéléra pour découvrir J.L qui avait déjà réintégré son hiloire avec la seule aide de Salima pour maintenir son kayak. Dés le radeau constitué, Pierre, adepte des manœuvres de sécurité en situation (cf forum), se donnait des airs de chirurgien pour demander le matériel utile à l’intervention, avec des : ”pompe” que lui tendait, tout de suite, Bob, rompu à la discipline de bloc opératoire, puis “éponge”, qu’une Zabeille, intrumentiste marine d’un jour, lui envoyait. Cette opération se terminait par la fermeture de l’hiloire que Pierre, décidé à ne pas jouer au “grand patron”, ne confiait pas à un de ses assistants. Sous le regard d’encadrants, qui étaient restés, avec leur chapeau sur la tête, bon Gibis pendant que le Docteur Shadok pompait,  la ballade reprenait après ce sauvetage digne de figurer sur un CD de CK mer.

   Tandis que le reste de l'équipe explorait les contours de la côte sauvage, J.L, humide dans ce kayak volage, que Jean lui avait prêté, tirait au plus court, flanqué d'un "escort Bob" de premier plan. Beaucoup des passages ludiques habituels des bandolais, restant interdits par des creux respectables, l’aire de Pique-Nique était atteinte vers midi après un détour sur la seiche d’Alon.

    Le calme de l’anse de Port d’Alon, où les deux éclaireurs avaient rejoints les petites familles, qui nous y attendaient, rassura ceux qui redoutaient d’être surpris par un débarquement mouvementé. Le néréen 2006, qui, grippé avait dû déclaré forfait pour la navigation, mais avait néanmoins tenu à participer à la sortie en nous assistant pour les navettes et en nous convoyant les plats et boissons du pique nique, fut sans doute la personne la plus attendue de la crique pourtant bien garnie en visiteurs pour la saison. À son arrivée et à celle de Maria, nous trinquions dans nos gobelets, roses pour certains, à la nouvelle année, et à notre compagnon angevin, présent en ces lieux avec certains d’entre nous deux mois plus tôt. Les innovations culinaires, amenés par le grand adepte d’esquimautage plus traditionnel , Éric P (P pour Pawlata) ouvrirent le bal de cette “Kékoton party” (cakes au thon), lors de laquelle se succédèrent les salades de riz, tortillas chorizo, quiches,…jusqu’aux galettes des rois néréens de Sylvie et Dame Isabelle.

        A la fin du repas avant d’embarquer, sous le soleil, certains crurent entendre le chant des cigales qui s’avérait en fait, n’être qu’un cœur éméché de randonneurs pédestres. Après une tentative avortée de Cyril, pour faire dégénérer la randonnée en bataille de méduses rosées, prises à pleines mains gantées - non par manque de munitions mais de joueurs - nous passions les caps de manière plus enjouée et Pierre, sur son terrain, “faisait le malin entres les roches de la baie des Nations, puis de celle de la Moutte ; après avoir salué le torpilleur de calcaire à la Galère, il emmenait, de plus en plus souvent, Zabeille et Stan dans son sillage. Augmentant à chaque jeu les difficultés, à la pointe de la calanque des Engraviers, le passage des deux premiers se fit sans trop d’encombre mais une belle vague vint cueillir à la sortie d’un passage entre deux rochers, Stan qui arrivait sur un petit écueil intercalé.  Par gestes de pagaies, pour lesquels le qualificatif  de ”petits” étaient loin de convenir, le néréen d’expérience se joua, avec ses plus de cinq mètres et demi de fibre, des rochers distant de quelques centimètres. Il retourna, un peu plus loin, rasé quelques rochers plus petits et proches du bord, tandis que Pierre et Zabeille, échaudés par la démonstration allaient admirer à bonne distance, les déferlantes sur les hauts fonds du couchant de la petite Île Rousse voisine.

        Dès l’extrémité méridionale de l’îlot franchie,  le Kialivak, de celui qui montait en puissance depuis la fin de la matinée, repartait à la charge vers des mousses blanches parsemées de taches foncées et pourprées ; seul Éric D eut alors le courage de s’engager à sa suite pour se faire pousser, par une belle série, dans un dessalage en un endroit bouillonnant peu recommandable pour ce genre  de figure, l’échec de la première tentative d’esquimautage avec la pagaie Inuit glaça les quelques spectateurs qui purent soupirer de soulagement au deuxième essai, couronné cette fois de succès. Étant quitte pour une paire de lunettes perdue, Éric souriant recevait les congratulations des autres randonneurs admiratifs : devant Athena, Nérée avait résisté aux assauts de Poseidon. Pendant que Pierre et Zabeille se félicitaient en pensée de ne pas avoir franchi leurs limites de kayakistes, Cyril semblait moins piaffer de ne pouvoir faire de la voltige dans le swell local afin de ne pas exposer le kratouna de Jean dont il avait hérité pour l’après midi.

        Après avoir accompagné sur un demi mille, J.L, à présent à l’aise dans le stable Zoar, et toujours flanquée de Bob, son ange gardien handicapé par un siège rebelle, l’itinéraire pour les sept autres longea la côte sud de Bendor. Elle, aussi balayée par la houle, fut le théâtre d’expériences de rase-caillou plus timides avant l’arrivée à la “mise au sec” toute proche du stade Deferrari.

        Bien que courte, la journée avait été bien remplie et les environ sept milles nautiques avait joué pleinement leur rôle de rencontres et d’expériences. Si certains, privé de leur pullman ou un peu humides, étaient heureux d'en finir, Cyril,  encore chaud, sans doute d’avoir encore navigué, couvert de son seul gilet toute la journée, préférait rentrer en footing à La Seyne, “parachute” au dos, histoire de rentabiliser un week-end sportif.

        Tandis que chacun retrouvait son véhicule et pouvait choisir son rythme pour regagner ses pénates, Pierre, inquiet depuis quelques jours, que le court parcours ne soit pas assez festif, était à présent rassurer et le lendemain le coté “fête” se confirmait sur le site Nérée, car à voir certaines photos, cela allait être la sienne .

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