Seconde partie Circumnavigation en kayak de mer autour de Senja Norvège 2013 (2)

L’île de Senja se trouve en Norvège à 300 km au nord du cercle polaire arctique, proche de la ville de Tromsø. Senja est connue pour ses paysages variés qui l'ont fait surnommer « une Norvège en miniature ». Chaque cap est une montagne spectaculaire qui plonge dans la mer. Ses îles idylliques et ses belles plages de sable blanc ou de corail nous font parfois douter de la température de l’eau.

Voici la seconde partie de notre périple.

69°27.865’N - 17°20.651’E (21,9 NM parcourus) :

Il est plus de 22 heures lorsque nous débarquons à Steinfjord, le soleil se couche à l’entrée du fjord. A l’arrivée nous sommes à la moitié de notre tour de Senja et vannés par cette longue journée, nous montons rapidement le bivouac, dînons encore plus vite et plongeons dans nos duvets.

Après cette étape marathon, demain sera un jour de repos.

04/08 – L’orage a grondé toute la nuit. Au matin il pleut toujours nous entamons les premières conversations de tentes en tente blottis dans nos duvets. FinalementPatrick et Stan sortent sous la pluie pour installer le tarp au-dessus de la table de pique-nique au milieu du bivouac, l’opération terminée nous apparaîtrons à notre tour. Il fait froid et l’humidité amplifie cette sensation.

La matinée sera mouillée, certains en profiteront pour dormir, d’autres sortiront entre 2 averses, cueillir les premières framboises et myrtilles en quantités industrielles. Durant le repas nous serons surpris par l’étrange manège d’oiseaux qui semblent courir sur l’eau. En bandes de quelques dizaines d’unités ils foncent sur l’eau avant de plonger la tête et de ressortir aussitôt. Leur vitesse est impressionnante, nous les observons à la jumelle sans pouvoir détecter s’il s’agit d’une scène de pêche ou d’un jeu.

Enfin la pluie cesse, nous envisageons de mouiller pour la première fois nos lignes de pêche. Stan et moi partons en kayak, Sylvain et Dominique essaient depuis la jetée qui se trouve près de nous. Nous enfilons combinaisons sèches et gilets et décidons de ne pêcher qu’un poisson par personne. Peu habitué à la chose je me dis que nous partons pour une paire d'heures.

Nous sommes sur l'eau depuis 5 minutes que la première touche se déclenche. Un joli maquereau combatif d’une quarantaine de centimètres lutte pour sa survie. Je n’ai pas le temps de le décrocher que Stan en fait de même. Après quarante minutes nous sifflons la fin de la partie : 7 beaux maquereaux seront conviés au repas du soir. Dominique et Sylvain surpris de notre retour précoce sont bredouilles. Sylvain se prépose au feu avec moults facéties. Complètement hilare je prépare les poissons avecles différents condiments que Janine conserve précautionneusement dans un coin connu d'elle seule de son kayak de mer.

Les maquereaux sont délicieux ! Meilleurs que les poissons mangés la veille, car car plus gras, leur chair est cuite au feu de bois est bien plus savoureuse. En dessert, nous aurons droit à une casserole de framboises et une autre de myrtilles. Il est étonnant comme la nature est généreuse lorsque qu'elle n’est pas surexploitée ! Pour demain les prévisions météo s’améliorent et l’objectif de notre prochain bivouac nous donne des ailes. Depuis le début du voyage Patrick ne cesse de nous dire que nous trouverons sur notre route un semis d’îlots qu’il qualifie de « Seychelles Nordiques », des eaux bleues turquoises et des plages de maërl blanc. Ce sera notre prochaine destination.

05/08 - Nous quittons Steinfjord sous un ciel gris qui peu à peu laisse place à un timide soleil, peu chaleureux. Nous remontons le fjord lentement, arrêt à hauteur d’un gros chalutier rouillé et morcelé, déposé sur la berge par une tempête nordique. Nous poursuivons notre chemin vers le cap Røra. Encore des montagnes dont l’à pic plonge dans les eaux sombre de la mer de Norvège. Elles sont imposantes et nous couvrent d’une ombre froide lorsque nous les longeons. Nous avons hâte d’échapper à cette emprise pour retrouver le soleil qui joue à cache cache avec les nuages en offrant des lumières magiques. Nous contournons le dernier cap qui fait face à « l’outside » pour descendre jusqu’à Bøvaer où nous ferons notre halte pour midi. Nous accostons à l’extrémité d’une longue plage de sable car pour la première fois il y a des vacanciers. Une quinzaine de personnes, deux ou trois camping-cars, quelques enfants courageux font trempette dans l’eau pendant que les adultes surveillent à la jumelle les eaux qui s’ouvrent devant eux. D’après les infos recueillies, nous sommes maintenant dans la zone où nous pourrions avoir la chance d’apercevoir des cétacés.

Après une collation vite prise, nous quittons la plage et sa superbe maison de pêcheur sur pilotis, couleur rouge brique. Au détour de celle-ci une seconde cabane se dévoile. Construite en bois et en pierres, le toit est formé par une barque retournée dont la proue s’avance sur le devant : son originalité lui vaudra quelques photos.

ch050 norway2013

Nous poursuivons notre route, avant de rejoindre l’île de Färøy, halte au supermarché de Skaland afin un petit ravitaillement en bières s'impose. Désormais nous pouvons tenir un siège de deux jours dans l'archipel.

Lors de la traversée Dominique s’essaye à la pêche et capture son premier maquereau. La joie procurée par cette première prise laisse place l’appréhension, car maintenant il faut décrocher la victime de l’hameçon puis, la trucider. Par la suite ses captures n’éveillerons pas la moindre compassion de sa part.

ch110 norway2013

69°26.314’N - 17°13.395’E (11 NM parcourus) :

Les « Seychelles Nordiques » méritent bien leur nom, un archipel d’îlots à l’entrée du fjord de Bergsfjorden, baignées d’eaux transparentes dont les bleus varient selon les profondeurs. De petits lagons relient certaines îles entre elles. Avec une température de l’eau et de l’air supérieure d’une bonne douzaine de degrés, nous aurions pu nous croire dans l'océan Indien. Une petite traversée d’une vingtaine de minutes et au détour de l’île, une splendide plage de «maërl» nous accueille.

ch070 norway2013

Une vaste esplanade verdoyante et bien plate sera l’emplacement de notre bivouac. Des toilettes sèches et un espace pour feu de camp ont été aménagés. Cerise sur le gâteau, les toilettes sont propres et disposent de « PQ » et de serviettes hydratantes, quel luxe ! Nous installons le camp avant une petite inspection des environs. Depuis son point culminant à une trentaine de mètres au dessus de la mer nous découvrons l’archipel formé d’une cinquantaine d’îlots, le notre semble être le plus grand. Quelques uns possèdent une ou plusieurs maisons, curieusement le nôtre n’en possède pas.

ch60 norway2013

Ce cadre idyllique nous accueillera pour les 2 nuits à venir, chouette un montage de tente en moins.Une bonne veillée autour du foyer accompagnée d’un élixir extrait du kayak de mer de Patrick, un nouveau coucher de soleil exceptionnel et nous rejoignons le pays de Morphée pour quelques heures.

06/08 - Petit matin frais et humide au réveil, remplacé peu à peu par un soleil peu vigoureux. Matinée de détente et de soins : ballade autour de l’île ou repos du guerrier et décoration thérapeutique du dos de Sylvain qui continue de souffrir.

Autour de midi nous apercevons 4 kayaks qui semblent se diriger vers nous. Ils viennent de Hamn, petit village situé sur Senja, il existe une activité de kayak de mer qui propose des ballades dans de l’archipel. Se jointeront-ils à nous ? Hélas non, ils passent leur chemin pour installer leur camp de l’autre côté de l’île.

L’après-midi sera consacré à l’exploration de l’archipel. Entre les îles, l’eau change constamment de couleur : la profondeur, la nature du sol produisent des couleurs variant de la transparence du verre à toutes les palettes des vert et des bleus. Vu du ciel cela doit être "MA-GNI-FI-QUE" comme dirait Patrick. D’énormes étoiles de mer reposent sur le fond, nous remontons en direction du nord vers une île où l’on aperçoit une cabane. Après avoir débarqué, alors que nous nous apprêtions à la visiter, une myriade d’alevins se regroupe sur le bord de la plage, non, le phénomène n'est pas lié au charme slave de Stan. Quelques instants plus tard nous comprenons la raison de cette affluence, des bandes de lieusnoirs mènent des charges successives sur ces alevins, c’est la panique, à tel point que certains se retrouvent à sec sur le sable.

Pendant que mes coéquipiers filment le spectacle sur et sous l’eau, je sors ma ligne de traîne et depuis la plage je lance leleurre aussi loin que possible, j'attends l’attaque des lieus pour le ramener pendant la confusion de l'attaque. A ce petit jeu, j’attrape 3 poissons en quinze minutes. Je les vide sur place et découvre avec surprise leur voracité. Chacun possède dans son estomac de 3 à 6 victimes fraîchement gobés.

Après cet interlude nous allons faire un tour du côté de la cabane avant de reprendre la mer. Nous naviguons à saute mouton entre les îlots pour arriver au plus grand d’entre eux, il se dresse comme une barrière face à l’océan et semble protéger ceux de plus petite taille. Nous passons un moment côté océan avant de nous faufiler à nouveau parmi de nouveaux promontoires. Pour finir encore un coup de pêche et 3 maquereaux accompagneront les lieus noirs pour le souper.

Les poissons sont préparés et cette fois-ci, Sylvain sort un barbecue de son kayak. Sylvain, c'est un peu le colporteur d'antan qui allait de village en village. Tout au long du voyage il n’a cessé de nous étonner avec le nombre de gadgets qu’il transporte, dont certains très utiles.

Il est intéressant de décrire ce barbecue car une fois monté sur ces 4 pieds vissés, la grille se compose de tiges qui sont rangés dans un premier tube qui sert de support. La surface du grill représente une trentaine de centimètres au carré. Et lorsqu’il est rangé, l’ensemble est contenu dans un cylindre d’environ trois centimètres de diamètre et long d’une trentaine. En inox, il est très facile à glisser dans le kayak de mer.

Demain l'étape doit nous conduire à Gryllefjord, un port de pêche où l’on rencontre parait-il les seuls habitants bruns de l’île et où la sieste y est de coutume. Ce sont les descendants de pêcheurs espagnols dont les navires ont fait naufrage pendant les campagnes de pêche à la morue, au cours du 19 siècle. Ils n’ont pu regagner leur pays et ont fait souche sur l’île de Senja. Une petite veillée jusqu’à l’extinction du feu et l’humidité envahissante nous invite à rejoindre nos duvets.

07/08 - Le jour se lève bien gris et en regardant vers Gryllefjord, il semble que cela ne s’arrange pas. La température n’invite pas à traîner et le campement est levé plus vite qu’à l’accoutumé. Nous passons le dédale d'îles en direction de Hamn. Le temps n’invite pas à faire un tour dans le port que seul Patrick visitera. Le temps se dégrade et les crachins se succédent, la visibilité se réduit et la mer se lève légèrement. Nous avançons en direction du prochain cap, nous resserrons le groupe et prenons soin de rester à portée de vue. La mer arrive de travers arrière, quelques bons appuis nous sauvent d'un bain peu envié, pour la première fois Sylvain se rend compte que la dérive bricolée en urgence n’est pas au top dans ces conditions. Nous le prenons en remorque pour qu’il maintienne le cap et réalisons une des navigations les plus mouvementées de notre voyage. Arrivés à l’extrémité du cap Teistneset, un groupe de phoques joue sur un îlot, mais les conditions ne nous permettent pas de nous attarder.

Nous entamons la traversée d’une baie d’environ 2 milles, la pluie se fait de plus en plus constante et le vent fraîchi dans tous les sens du mot. Il nous faut traverser rapidement à la recherche de l’abri de la montagne qui nous domine. Le froid est vite oublié et l’énergie produite à pagayer nous réchauffe suffisamment pour rejoindre le flanc de la falaise. A l’endroit supposer nous protéger, le vent ne cesse de soufflerC’est en petits radeaux que nous faisons une pause pour d'avaler un peu de nourriture avant d’attaquer le cap Måneset qui nous sépare du fjord de Gryllefjord.

Enfin nous doublons le cap, avec le ciel qui nous tombe dessus. Un épais brouillard descend des montagnes et notre visibilité s’en trouve réduite à quelques dizaines de mètres. Nous longeons l’entrée du fjord, lorsqu’un bruit retentissants’élève dans note dos. C'est probablement le ferry qui effectue la liaison quotidienne d'été entre Grylleford et Andenes, la plus grande ville des Vesteralen.

Après quelques minutes qui nous semblent très longue, il surgit du brouillard à une centaine de mètres de nous. Il est enfin là, bien plus petit que le bruit qu'il génère et qui rebondi sur les flancs du fjord. Quelques crépitements de flashs des passagers puis sa silhouette devient plus fantomatique pour s'évanouir complètement, un long moment s'écoule avant que le bruit disparaisse à son tour.

Encore une demi-heure d’efforts et nous arrivons à ce que nous supposons être l’entrée du fjord. Nous sommes à gauche du fjord et Gryllefjord se trouve à droite. Dans ce brouillard nous ne risquerons pas la traversée car le ferry doit repartir. Pas sûr qu'un contact entre nos navires se fasse à notre avantage.

Un froid humide nous transperce pendant que nous faisons le point. Nous sommes à marée haute, un embarcadère où nous pouvons débarquer sans trop de difficultés se trouve sur la berge opposée au village. L’endroit est triste, quelques remises de pêcheurs à quelques mètres de l’eau, puis des maisons un peu plus haut. Certaines sont habitées car des cheminées fument et quelques barques sont amarrées au bord de l’eau.

Nous avons l’intention de repartir jusqu’au village, mais nos réserves calorifiques sont au plus bas, nous ne déballons que le minimum. Cependant soumis à un « wind-chill factor » conséquent, nous jetons un coup d’œil aux remises, le verrou de l'une d'elles ne tient que par une pointe qui se tourne facilement et le squat devint possible dans un abri sec. A l’intérieur il y a tout un bric à brac, du matériel de pêche, une barque, des planches, etc...

Le brouillard commence à se lever et bientôt nous apercevons Gryllefjord, le ferry quitte le port et s’en retourne à Andenes. Après le repas nous enverrons des éclaireurs au village.

ch120 norway2013

C’est avec Patrick que nous partons vers le village qui se trouve à environ 1 mille. Nous traversons le chenal et une désagréable surprise nous attend. Tous les quais sont perchés à plusieurs mètres de hauteur et il n’est pas envisageable débarquer dans ces conditions. Nous continuons au-delà du village sur un autre mille, toujours rien. Nous traversons vers l’autre berge afin de l’inspecter sur le chemin de retour. Le long de la montagne Il n’y a que de gros éboulis de rochers et quand bien même il y aurait un emplacement, notre sécurité ne serait pas assurée. Cela fait près d’une heure et demie que nous sommes partis et bien que munis de VHF, la communication n’a pas été toujours possible.

A notre retour nous retrouvons Dominique et Jeanine enveloppées dans des couvertures de survie, l’attente leur a parue longue. Nous expliquons la situation puis il nous faut prendre une décision difficile : rester ou partir ? Nous savons que la météo des prochains jours sera très dégradée. Depuis la France, Sylvie la femme de Stan est notre météorologue officielle et par elle nous savons qu’un front pluvieux et froid traversera l’île durant 2 à 3 jours. Étant donnée la géographie montagneuse, partir à ce moment de la journée est hasardeux, nous ne sommes pas sûrs de trouver un bivouac et notre expérience de Steinfjord nous force à la prudence.

69°22.037’N – 17°00.110’E (16 NM parcourus) :

L’endroit où nous nous trouvons n’est pas terrible pour un bivouac de 2 à 3 jours, mais nous avons un abri où nous pouvons tous nous réfugier. Le froid et la fatigue se sont largement installés, nous bivouaquerons ici. Entre deux averses chacun cherche où planter sa tente dans un sol détrempé. Après avoir foulé l’herbe haute qui se trouve devant les remises nous réussissons tant bien que mal à caser nos 4 tentes. Commence alors une longue attente et nous passerons trois nuits à cet endroit.

08/08 - Le lendemain matin la pluie continue de tomber, le vent a forci et nous voyons les vagues entrer dans le fjord de Torsken, juste derrière celui de Gryllefjord. Encore une fois nous sommes bien contents de nous trouver à terre et lorsque la pluie nous le permet nous mettons la tête hors de la remise. Ainsi nous entr’apercevons une loutre de mer à la recherche de son repas dans les eaux du fjord, parfois des saumons qui sautent tout près de la berge (Poisson que nous serons en incapacité de capturer au cours de notre périple).

La première journée de repos forcé est consacrée à la récupération, à soigner les petits bobos, à la contemplation et à la ballade lorsque la pluie ne se mêle pas de la partie. Nous ramassons également quelques casseroles de framboises pour agrémenter nos desserts. Nous croisons quelques habitants des maisons alentours, certains essaient d’entamer la conversation, d’autres semblent préoccupés par notre présence en voyant que nous squattons la remise. Nous leur expliquons que notre intention est de repartir lorsque le vent cessera et que nous prendrons bien soin de ne rien détériorer.

ch100 norway2013

La journée s’étire lentement et le soir après avoir reçu la météo de Sylvie, nous nous résignons à rester une journée de plus, car le vent ne faiblira pas avant le surlendemain en fin de soirée.

09/08 - Le deuxième jour s’annonce moins pluvieux, les ondées se font moins fréquentes, le ciel se dégage légèrement par moments, mais le vent se maintien. Le matin nous profitons pour faire le plein d’eau potable et ramassons encore quelques framboises.

Dans l'après-midi, le vent semble avoir légèrement faibli, nous décidons de faire un aller retour en kayak jusqu’au village de Torsken qui se trouve dans le fjord juste derrière. Stan reste au bivouac pour filmer quelques images lors de notre retour.

Nous voilà partis, la traversée du fjord se fait avec un vent latéral, puis se transforme en un vent arrière lorsque nous entamons la descente vers Torsken. Avec kayaks vides, nous aurons l’occasion de réaliser quelques surfs. En un peu moins d’une heure nous atteignons le village, les pontons des maisons situées au bord de l’eau se succèdent. Nous trouvons une petite plage de sable pas plus large que nos kayaks réunis.

Après avoir revêti nos habits de citadins nous partons à la découverte du village. Une très jolie église se trouve sur la seule route qui rejoint Torsken. Un petit supermarché sera notre prochain arrêt, nous apprenons qu’il y a un camping (qui nefigure pas sur nos cartes) au bout de l'unique rue du hameau. Après quelques emplettes nous les confions à la caissière le temps de continuer notre exploration.

Arrivés au camping nous tombons sur les fesses, il est très agréable et surtout associé à un bar des plus accueillant. Dire que nous venons de passer deux jours en pleine humidité, avec un refuge des plus spartiate. Les fauteuils et canapés en cuir ne demandent qu’à nous recevoir et sans nous faire prier nous voilà installés. Nous commandons nos « mousses » avec une pensée pour à Stan qui est resté au camp avec son régime « acqua ». Après quelques photos pour avoir de quoi faire « bicher » notre camaradenous passons reprendre nos achats avant de rentrer au camp.

ch130 norway2013

Vent de face au retour, mais la chaleur du bar et le « combustible » ingurgité, mais également l’envie de narguer Stan sur notre découverte, nous donne des ailes. Le reste de l’après-midi nous nous lamenterons de ne pas avoir débarqué à Torsken au lieu de Gryllefjord.

La soirée nous apporte de bonnes nouvelles, le vent continue de tomber et les prévisions météo reçues confirment que nous pourrons reprendre notre route le lendemain. De plus notre prochain arrêt doit nous conduire à un camping pour une douche bien chaude et pour laver notre linge.

10/08 - Qu’il est bon de reprendre la route !

Nous prenons soin de bien remettre tout en ordre dans la remise et en remerciement à son propriétaire inconnu, nous laissons un pack de bières accompagné d’un petit mot.

Nos kayaks chargés, avant de partir il ne reste qu’un obstacle à franchir, la marée basse a découvert un sol mou composé de boue et d’algues dans lequel nous nous enfonçons jusqu’au genou.

ch200 norway2013

Un dernier regard vers Gryllefjord dont l'accès est impossible aux kayakistes. Nous commençons par deux traversées directes de fjord d’abord 3 milles, puis 4,5 milles. Le vent a faibli, la mer présente une belle houle formée. Après deux heures et demi de navigation nous longeons de nouveau la côte. Le soleil revient et nous réchauffe en cette fin de matinée. Une halte ensoleil pour déjeuner et faire sécher les tentes et nous voilà repartis, la promesse d'une douche chaude nous motive. Nous arrivons à Flakstadvag après avoir longé les parcs à saumons qui parsèment le fjord. Le camping est organisé pour la pêche et les équipements que nous y découvrirons plus tard le confirmeront.

69°11.452’N - 17°02.068’E (17 NM parcourus) :

Après quelques échanges avec le propriétaire, nous plantons les tentes, puis nous passons aux choses sérieuses comme la douche et la mise en machine de quelques effets personnels. Évidemment notre équipage éveille la curiosité des touristes présents au camp lors de notre arrivée, et surtout notre mode de locomotion. Les derniers rayons du soleil de l’après-midi sèchent les quelques affaires mouillées de ces derniers jours. La soirée se rafraîchit, la minuscule cuisine mise à disposition des campeurs, nous accueille. Nous trouvons tout l’équipement nécessaire à la préparation des plats et pour la première fois depuis notre départ nous cuisinerons sur des plaques électriques.

ch300 norway2013

En fin de soirée « façon de parler, car dès le couché du soleil, la luminosité reste constante jusqu’à son levé », le camping s’anime. Les campeurs essentiellement des allemands rentrent de leur journée de pêche, c’est dans une noria de brouettes qu’ils transportent les captures du jour : flétans, morues, et de gros poissons rouges aux yeux énormes et globuleux. Dans une salle annexe, des congélateurs attendent la pêche, chaque famille a le sien et après avoir pesé, évidé et fileté les prises, ils les remplissent jour après jour. Ce soir, la plus belle prise est un flétan de plus de 29 kg, mais apparemment il est de taille moyenne car parmi les photos des trophées, certains atteignent des poids de 50 à 90 kgs. La plus grosse prise affiche 200 kg et mese près de 2 mètres. La taille des morues n’est pas moins impressionnante. Plus tard nous apprendrons que les étrangers ont le droit de ramener chez eux 15 kg de filets par personne plus 1 trophée représentant leur plus grosse prise. Certains petits malins se sont fait prendre par les douanes avec les 15 kg de filets et leur trophée, mais ce dernier était évidé rempli de filets de poissons et soigneusement refermé.

La météo pour demain s’annonce belle et malgré notre arrêt forcé de 3 jours à Gryllefjord, nous avons tous envie derester pour découvrir ce coin de civilisation.

11/08 – Une matinée tranquille où chacun prend son temps, après le repas nous partons à la découverte des alentours. Quelques remises de pêcheurs ont été retapées et sont devenues de jolies maisons au bord de l’eau. Leur toit est recouvert d’herbe verdoyante et cela produit un joli contraste avec la peinture rouge brique des façades en bois. Nous visitons un cimetière et sommes surpris par l’âge avancé de bon nombre de ses occupants décédés lors de la première moitié du 20ème siècle. Ayant lus quelques articles sur les dures conditions de vie de l’époque dans ces contrées, le nombre d’octogénaires et nonagénaires est loin d'être négligeable.

ch310 norway2013

De retour au camping une dame nous montre sa récolte de champignons et avec surprise nous découvrons des girolles. Cela mérite une nouvelle ballade, nous sommes trois à repartir en forêt. Dominique et Jeanine tombent sur la zone et ramassent de quoi avoir un accompagnement pour le dîner.

Durant le dîner nous étudions la prochaine étape et pour la première fois nous ne sommes pas tous d’accord sur celle-ci. Patrick voudrait passer par l’île de Hallvarsøy où il subsiste un village abandonné durant la seconde moitié du vingtième siècle, certains n’ont pas d’avis et d’autres voudraient continuer sans s'arrêter.

Monitoring internetVista® - Monitoring de sites web