Rando en kayak de mer en Corse : d'Ajaccio à St Florent

 

1er Jour – Dimanche 23/09/12 :

A peine débarqués du ferry, départ à 9h30 de la plage de Terre Sacrée dans le Golfe d’Ajaccio.

Météo de rêve : pas de vent, pas de vagues, ciel bleu, mer turquoise. Passage entre la pointe de la Parata et les Iles Sanguinaires puis cap au nord sous les falaises de granit multicolore jusqu’à la Cala di Fica agrémentée d’une large fontaine de pierres sèches. Pause encas sur la plage au milieu des ânes. Puis longue et très belle navigation en rase-cailloux au passage du Capo di Feno jusqu’à la pause repas sur la plage du Golfe de Lava. De 15 à 17h45, belle navigation variée jusqu’à la Cala di San Giuseppe située après le village d’Ancone au fond du Golfe de Sagone. Bivouac au milieu de l’immense plage.

                                                       - 6h30 de nav. pour environ 35 km tout en plaisir -

 

2ème Jour – Lundi 24/09/12 :

Après avoir couru derrière la tente qui s’envolait, nous mettons à l’eau à 9h de la plage de San Giuseppe. Non sans avoir des doutes sur notre planning de navigation en raison d’un bulletin météo VHF annonçant un avis de fort coup de vent ! Cependant, navigation cool par température chaude sur une mer d’huile jusqu’à Cargèse aidé d’un petit vent de sud dans le dos, avec en bonus un dauphin sautant hors de l’eau à 200 m face à nous. Au passage de la Punta di Cargèse vers 11h30, ça commence à remuer et nous décidons de zapper la pause car le vent de sud-ouest forçit et ne nous permettrait plus de repartir d’une plage. Les Golfes de Peru et Chiuni sont avalés rapidement avec un vent de 4 à 5 beaufort en ¾ arrière qui nous force à rester concentrés pour ne pas partir à l’eau. Alors cap sur la plage d’Arone mais non sans avoir visité au détour quelques profondes grottes marines abritées sous de hautes et magnifiques falaises granitiques. Arrivés fatigués à 13h30 sur la superbe plage de sable blanc d’Arone.

                               - 4h30 de nav. pour environ 30 km -

 

3ème Jour – Mardi 25/09/12 :

Après avoir passé toute l’après-midi d’hier sur la plage, le même programme se dessine aujourd’hui en raison du coup de vent de 6 beaufort qui perdure. La plage d’Arone étant exposée sud-ouest, ce fort coup de vent y rentre direct et lève de fortes vagues ainsi qu’une houle d’1,5 m au large. Nous avons planté le bivouac au sud de la plage afin de profiter des rochers pour se protéger quelque peu du vent et de l’assaut des vagues. La météo restant très chaude et plutôt ensoleillée, nous en profitons pour la baignade ainsi que de randonner sur la pointe proche de la Punta a i Tuselli, pointe de granit rouge située au nord de la plage d’Arone. La mer en colère frappe avec puissance cette côte déchiquetée et lève des gerbes d’écume de plus de 15 m de haut. L’odeur du maquis et ce décor sauvage nous ravis toujours autant !

A 3 mille au nord, la tour gènoise de Turghiu nous domine, perchée à 331 m au sommet du Capo Rosso, porte d’entrée des mythiques Calanches de Piana. Si, demain, le vent nous laisse passer, le programme s’annonce de toute beauté !

 

4ème Jour – Mercredi 26/09/12 :

Réveil à 7h mais la météo VHF confirme la persistance du coup de vent de 5 à 6 beaufort localement 7 sur notre zone (Scandola). Alors en regardant les vagues déferler sur la plage, décision est prise de rester sur place. De plus, la pluie nous ayant déjà cueillie la veille au coucher, elle se réinvite au lever. Quand ça veut pas, ça veut pas ! Quimporte, une heure plus tard, une alternance de nuages et de soleil s’installant toujours accompagnés de la chaleur, nous décidons de partir en Stop afin d’aller randonner jusqu’au sommet du Capo Rosso et de pique-niquer en haut de la tour gènoise de Turghiu. Extraordinaire point de vue à 360° dont les Calanches de Piana et l’ensemble du Golfe de Porto. Puis re-Stop jusqu’à Piana pour quelques emplètes et retour toujours en Stop au bivouac sur la plage d’Arone pour profiter du soleil très présent. Malgré l’absence de navigation, la journée fut bien remplie et le coucher de soleil nous incite à préparer le repas, la nuit tombant peu avant 20h en cette saison.

Demain, peut-être que…

 

5ème Jour – Jeudi 27/09/12 :

Voilà trois nuits que nous bivouaquons sur la plage d’Arone à 20 m de la mer avec le bruit fracassant des vagues poussées par le vent d’ouest et j’ai toujours l’impression qu’elles vont rentrer dans notre tente ! Aujourd’hui, malgré le bulletin météo VHF nous annonçant comme d’habitude l’avis de coup de vent de sud-ouest de force 5 à 6 beaufort ainsi que des averses sur notre secteur, nous décidons de prendre la mer et à 9h nous franchissons les barres de vagues face à la plage. En 1h de temps, concentrés, Capo Rosso est passé, en prenant large pour éviter de rajouter du ressac à la houle d’1,5 m. Le vent tournant nord-ouest, nous ne pourrons profiter au maximum de raser les côtes spectaculaires des Calanches de Piana et c’est vers 12h que nous nous posons sur la plage de Ficaghiola, à peu près abritée, pour la pause picnic sous une pluie éparse. Le ciel est gris sur tout le Golfe de Porto mais il fait toujours chaud. Une heure plus tard, nous décidons de traverser le Golfe dans le but d’établir le bivouac à Girolata. Au bout de 2h1/2 d’efforts soutenus notamment le long passage du Capo Senino dans une mer très agitée agrémentée d’une houle de 2 m où nous ne sommes pas fiers (j’avais parfois l’impression d’être une bille dans un fliper…) , nous arrivons à destination pour nous installer sur la plage au bout du village. Courte ballade sur les environs avec le soleil revenu.

                                   - 5h30 de nav. mouvementée pour environ 30 km –

 

6ème Jour – Vendredi 28/09/12 :

Avis de coup de vent de nord-est de 3 à 4 beaufort forcissant 5 à 6 avec mer agitée sur Scandola. Pas bon pour nous, tout ça ! Mais comme la chaleur perdure et que le soleil est présent, nous enfilons les chaussures de rando et emmenons le picnic dans le but de traverser la pointe de Scandola par le sentier Tra Mare e Monti qui va de Girolata à Galeria. Cette voie empruntée jusqu’au col Bocca di Fuata, nous bifurquons vers les bergeries en ruine de Focolara qui nous mènerons vers la sente qui descend sur la superbe plage très isolée de Focolara. Lieu de rêve pour les deux « robinsons » que nous sommes car une source d’eau douce y coule jusqu’à la mer. Bain tiède dans l’eau verte au milieu des côtes déchiquetées de porphyre rouge. Sieste puis retour par le même chemin pour une très chaude journée de 5h de marche.

En soirée, le hasard nous fait rencontrer nos voisins Hyèrois qui nous invitent à dîner sur leur voilier ancrer face à la plage proche de Tuara. Délicieuse et festive soirée bien arrosée !

 

7ème Jour – Samedi 29/09/12 :

L’avis de coup de vent est reconduit avec 7 beaufort et mer forte. Quelques gouttes au réveil sous un ciel fortement nuageux mais la chaleur est encore présente. Toujours pas bon pour naviguer et encore moins pour passer Scandola ! Alors randonnée vers le sud cette fois-ci. Via le Tra Mare e Monti qui passe par la plage de Tuara et qui remonte au col de Bocca a Crocce pour deux boucles variées car tantôt côté rivage, tantôt côté maquis, mais avec toujours pas mal de dénivelé. Journée de 5h de randonnée par forte température.

Flâner en fin de journée sur le « port » de Girolata, désert en cette saison, nous paraît très agréable car vraiment tranquille. Tout juste 2 à 3 voiliers comme clients. Fin septembre, les derniers commerces locaux ferment car peu de touristes s’y rendent désormais. Et c’est tant mieux pour nous !

Le fort vent en soirée nous obligera à accrocher la tente sur les kayaks pour résister aux bourrasques permanentes. (les arceaux plieront tout de même !)

 

8ème Jour – Dimanche 30/09/12 :

Le vent d’ouest faiblissant à 3 beaufort, nous nous élançons de Girolata à 9h sous le soleil pour enfin traverser la réserve naturelle de Scandola. Tois heures de navigation sportive nous seront nécessaire pour rejoindre la plage nichée au fond de la baie d’Elbo, lieu prévu de pause repas. Mais les 2h très mouvementées en raison d’une grosse houle d’ouest frappant les spectaculaires falaises pleines de tafonis géants située entre la Punta Muchilina et la Punta Palazzu, créant une mer fortement agitée, nous laisseront des souvenirs. Une fois requinqués, nous reprenons route en traversant la baie de Focolara sans avoir la possibilité de longer la côte en raison du fort ressac permanent. Le ciel devenant de plus en plus nuageux, nous décidons d’annuler l’arrêt prévu à Galeria et traversons longuement au large, non sans avoir pris une grosse pluie orageuse, en direction de la baie de Crovani qui nous semble protégée du vent de nord-ouest se levant, afin d’y établir le bivouac après cette journée bien fatiguante. Arrivée fracassante dans les rouleaux sur la très belle et sauvage plage avec le soleil revenu après les gros orages et le tonnerre de toute part.

- 7h de nav. pour environ 35 km –

 

9ème Jour – Lundi 01/10/12 :

La pluie tombe depuis 1h du matin et ne s’arrète plus. Le vent d’ouest devant souffler aujourd’hui et surtout se renforcer dans l’après-midi nous fait nous décider à partir tout de même. Il est près de 11h lorsque nous arrivons enfin à franchir les vagues (piètrement d’ailleurs…) qui se déroulent sur la plage de la baie de Crovani. Mais la mer est peu agitée au large. Le Capo Cavallo est rapidement passé et la pluie s’arrète lorsque nous traversons la baie de Nichiareto. Toute la côte est incroyablement sauvage et exempte de construction pendant des heures de navigation. Devant le retard accumulé, nous prenons la décision de ne pas faire de pause et poursuivons vers la Revellata sans interruption, non sans avoir visité la gigantesque Grotte des Veaux Marins au passage. La côte de granit blanc est toujours aussi superbe malgré la grisaille du ciel. Le cap de la Revellata passé, c’est Calvi et sa citadelle qui se découvre à nous avec la pluie qui nous assomme de nouveau. Un arrêt au port nous permet de faire le plein d’eau et de vivres. Cela faisait plus de 5h de navigation de suite et la fatigue est bien présente. Puis nous repartons pour 1/2 h de kayak non loin de là pour établir le bivouac dans une pinède du Golfe de Calvi.

                                           - 6h de nav. pour environ 30 km -

 

10ème Jour – Mardi 02/10/12 :

Le bulletin météo VHF prévoit pour aujourd’hui un vent de sud-ouest de 5 à 6 beaufort fraichissant 7 l’après-midi avec rafales alors il ne faut pas tarder à partir. A 9h30, nous quittons sous un beau soleil le fond protégé de la baie de Calvi et nous nous dirigeons vers l’Ile de Spano pour en sortir. Dès le passage de la Punta Spano, nous nous faisons cueillir par le vent que nous prenons alors dans le dos avec véhémence. En peu de temps, nous nous retrouvons à surfer avec du force 5 dans une houle d’1,5 m. De puissantes vagues nous dépassent sans cesse et nous forcent à une très grande concentration pour ne pas chavirer. Nous sommes tendus dans nos hiloires et les mains crispent les pagaies. Nous comprenons que tout arrêt devient impossible et qu’il va falloir tenir ainsi jusqu’à l’Ile Rousse. Les Marines de Sant’Ambrogio et d’Algajola sont avalées tambour battant et la tour génoise de l’Ile Rousse apparaît au loin. En s’en approchant, le vent forçit à 6 beaufort et je souris lorsque régulièrement il tend à m’arracher la pagaie des mains. La mer agitée blanchit de toute part et il est alors devenu difficile de contempler les côtes sur cette portion. Au bout de 3h d’efforts intenses, nous sommes fatigués mais ravis de nous abriter au creux du port de l’Ile Rousse pour pouvoir enfin nous reposer de cette navigation très sportive. Après un picnic sur la plage puis une après-midi de flanerie en ville, nous montons le bivouac sur la jolie plage proche.

- 3h de nav .stressante pour environ 22 km –

 

11ème Jour – Mercredi 03/10/12 :

Etant donné que le bulletin météo VHF annonce exactement les mêmes conditions qu’hier à savoir fort vent de sud-ouest 5 à 6 beaufort de la Balagne au Cap Corse et levant une mer agitée, nous choisissons de retourner chercher la voiture restée garée à Ajaccio. Alors pour moi, c’est réveil à 6h pour prendre un bus m’ammenant dans les montagnes à Ponte Leccia, puis un autre jusqu’à Vivario et enfin un dernier pour arriver à Ajaccio. Du centre ville, du Stop pour la récupérer sur la plage de Terre Sacrée puis revenir avec vers le nord pour la déposer vers la plage de St-Florent, lieu prévu de notre arrivée dans quelques jours.

Ensuite de revenir en Stop à l’Ile Rousse où je retrouve après 10h d’errances Marie-Odile qui, elle, en a profité pour dormir, bronzer, faire les boutiques. Il faut dire que c’est son anniversaire alors… elle attend son cadeau ! Après une dernière promenade en amoureux dans la vieille ville sous un beau soleil, nous retournons à notre bivouac resté installé sur la plage non loin de là.

 

12ème Jour – Jeudi 04/10/12 :

Ca y est enfin ! La météo annonce une légère amélioration : que 3 à 4 beaufort de sud-ouest avec mer peu agitée pour aujourd’hui. Alors départ à 9h de l’Ile Rousse sous un soleil resplendissant en tirant droit sur l’anse de Pinzuta, côte rocheuse marquant le debut du désert des Agriates. Après près de 2h30 de navigation, nous faisons la pause sur la plage confidentielle de la baie de l’Acciolu, avec la joie retrouvée de pouvoir à nouveau faire du rase-cailloux et de plus dans une eau bleu turquoise. Suit 1h15 de navigation promenade découverte, par mer calme car le vent n’est toujours pas monté, et nous arrivons à l’anse de Malfacu pour le picnic. Ce lieu très abrité reste toujours un havre de sérénité comme trouvé il y à 4 ans lors d’un premier passage. Une fois rassasiés, nous partons en randonnée à pieds sur le sentier du littoral jusqu’à la magnifique plage de sable de Ghignu avec ses anciens « paillers » dans le maquis transformés en refuges. Ceci nous permettant également de repérer les lieux de bivouac. Ainsi, une fois revenus à Malfacu, nous remettons à l’eau les kayaks afin de nous rendre dans la petite et très belle anse d’Alga Putrica où nous établissons un bivouac de rêve sur le gazon devant la plage après avoir pris un bain dans l’eau cristalline. Délicieuse soirée !

                                       - 4h de nav. pour environ 20 km -

 

13ème Jour – Vendredi 05/10/12 :

Journée de rêve pour trainer sur la côte des Agriates : mer calme, grand soleil, température chaude. Alors on traine ! Départ à regrets vers 10h de la merveilleuse anse d’Alga Putrica où nous avons passé une belle nuit malgré une rafale de pistolet mitrailleur en pleine nuit dans le maquis juste au-dessus de la plage. En partant, nos amis du « commando » nous ont même donné quatre poissons tout frais pêchés pour le repas de ce soir.

On navigue alors en permanence sur une eau bleue transparente au ras des rochers d’une côte basse recouverte de genévriers, myrtes, et autres arbustes façonnés par le vent. Une fois passée la Punta di Mignola, nous arrivons en 1h15 de navigation à la fameuse plage de Saleccia, connue pour avoir été le lieu de tournage des scènes de débarquement du film « Le jour le plus long » .Décors paradisiaque : elle s’étend sur plus d’un km le long d’une pinède de pins d’Alep, réhaussée par la blancheur et la finesse du sable, et la limpidité d’une mer prenant de superbes teintes turquoises ! Alors c’est décidé : nous n’iront pas plus loin et nous bivouaquerons là ce soir ! Après le picnic, nous partons randonner à pieds sur le sentier du littoral qui nous mène sur la plage du Loto puis nous rentrons par l’intérieur des terres en traversant les « paillers » de Costa Pana, façon de mieux connaître ce fascinant désert des Agriates. Il sera bientôt temps de préparer un feu sur la plage pour cuire et déguster notre pêche providentielle. Et ensuite de monter la tente à la nuit tombée, heureux de vivre comme deux « robinsons » dans un de ces endroits de rêve.

- 1h15 de nav. pour environ 6 km –

 

14ème Jour – Samedi 06/10/12 :

C’était la dernière nuit de bivouac alors nous profitons au maximum du décors. Malgré de chaudes journées pour la saison (autour de 28°C !), la nuit qui tombe vers 19h30 amène une forte humidité alors il est nécessaire d’attendre que la tente sèche un peu avant de tout replier. C’est donc vers 10h15 et par mer calme que nous quittons à regrets également cette magnifique plage de Saleccia mais pour naviguer seulement 50 minutes pour nous poser à nouveau sur la toute aussi belle plage du Loto. Petite ballade à pieds sur le sentier du littoral pour jouir du panorama. Puis l’on repart. Et c’est lorsque nous faisons cap au sud au niveau de la (demi) tour génoise de Mortella accompagnée de son phare qu’apparait à notre vue, ultime but, la citadelle de St-Florent, toute illuminée d’un soleil radieux. Après 1h45 de rase-cailloux que nous savourons pleinement, nous nous posons en douceur sur la plage de la Roya à St-Florent en nous disant que ces trois derniers jours paisibles de navigation à travers le désert des Agriates ont été un cadeau de la mer après ce périple de deux semaines ponctué de parfois longues journées fortes en sensations. Le bonheur, tout simplement…

- 2h30 de nav. pour environ 13 km –

 

 

N.B. : sans les trois blocages de 5 jours au total par les coups de vent, nous aurions pu rallier Bastia comme prévu dans le projet initial. Nous reviendrons au paradis du kayak !

 

 

Laurent

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