Cordouan, le roi des phares.

Le phare de Cordouan, sentinelle avancée sur l’océan, veille depuis 1611 à l’entrée de l’estuaire de la Gironde. C’est le plus vieux phare d’Europe, le 2° en hauteur après le phare de l’ile vierge ( 67.5m de hauteur). C’est le dernier encore habité.

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Photos des auteurs (album ici )

 

Petit, je passais mes vacances à Saint Palais sur mer. Au loin, le phare de Cordouan, mystérieux, semblait inaccessible. Chaque soir il s’allumait à la tombée de la nuit comme un ange gardien de nos nuits d’été. En le regardant au loin, du haut des falaises, il évoquait l’aventure, l’inconnu, seul au milieu de l’océan. J’entendais dire avec respect que dans ce phare il y avait une chambre pour le roi et même une chapelle. Bref tout pour exciter l’imaginaire d’un enfant.

Le rallier en kayak de mer depuis Saint Palais était donc un rêve de longue date.

C’est une randonnée technique, engagée mais qui ne peux laisser indifférent. Ce phare est un joyau architectural. Il est parfois appelé « le Versailles des mers ». Il n’est pas simplement un phare mais une œuvre d’art classé monument historique en même temps que Notre Dame de Paris !.

Pour l’atteindre de Saint Palais, il faut tout d’abord traverser l’estuaire de la Gironde. Se pencher sur les horaires de marées, la carte des courants pour choisir l’heure de traversée la plus propice…et ce n’est pas si facile…

La distance en kayak n’est pas importante, une dizaine de kilomètre tout au plus ; mais quand on a en simultané à gérer, le vent, la marée, les courants violents, et des zones de cisaillements qui lèvent un clapot imprévisible, cela est beaucoup plus difficile. Sur toute une partie du retour, il a fallu se concentrer sur la navigation et l’appareil photo est resté sagement dans la poche du gilet ce qui ne m’arrive pas souvent.

J’oubliais un détail : la couleur chocolat de la mer n’est pas habituelle aux kayakistes méditerranéens…On a encore moins envie de tomber à l’eau !

L’arrivée au phare mérite encore un effort. De très nombreux bancs de sable sont découverts à marée basse et il faut tirer son kayak de mer pour le mettre à l’abri sur le peyrat, la chaussée de débarquement, avant d’envisager une visite des lieux.

Quelques escaliers mènent à une poterne. C’est le seul accès au phare. Une lourde porte, qui se ferme à marée haute, s’ouvre sur 4 siècles d’histoire ; et nous voila à l’intérieur de l’enceinte. Tout est ouvert. Personne ne répond à nos appels. Qu’importe il faut se dépêcher car la marée est montante. Nous pénétrons dans un monument atypique. Vous êtes nécessairement pris par une émotion intense. Le phare, pour nous tout seul. Les 300 marches sont avalées rapidement. Chaque salle est une découverte merveilleuse. J’ai rarement senti une telle émotion. Quelle beauté, un sentiment également d’être un privilégié d’être là, sans la horde de touristes que l’on suppose durant tout l’été.

Hélas la visite est rondement menée. Que la mer monte vite, les ilots de sable rétrécissent à vue d’œil et l’eau viendra bien vite lécher nos kayaks que nous avions pris la précaution d’attacher solidement à un pieu.

Nous rencontrons les 2 gardiens tout affairés à préparer leur départ. C’est pour cela que nous ne les avions pas vus à notre arrivée. Le bateau de la relève est en vue. L’accueil est rapide mais très cordial. Il faut vite retrouver nos embarcations avant que l’eau ne monte trop. Il est vrai que c’est un coefficient de marée de 88 ; nous ne sommes pas en morte eaux.

Le phare bientôt émergera seul au milieu de l’océan. Un dernier tour de kayak à proximité pour le saluer une dernière fois avant de rentrer. Cette fois il nous faudra à peine une heure pour retrouver Saint Palais. Mais quel rodéo sur ces vagues venues de toutes parts.

Le souvenir de cette journée n’est pas prêt de s’effacer, je me demande s’il ne faudra pas revenir rapidement…

 

Jeanine et Patrick

 

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