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L'odyssée de Nérée

Ce lundi 18 avril, sur le quai du port de Lefkas, une main s’agitait amicalement. Prés de 40 heures après notre départ,  je retrouvais mes amis Six-fournais, Colette et Jean-Marie, pour la troisième fois sur cette île. Habitué de cette région, pour des séjours en famille, je présentais cette fois, au président de l’association des Mariolos, les trois autres kayakistes, qui formaient notre équipe sur les rivages des "Heptanisos", où on croise encore des phoques moines :
Stan, le « père fondateur » de Nérée, vétéran de  randonnées septentrionales :Content,
Jean-Yves,  habituée de ces raids estivaux, "descendu" de Bretagne, où il pagaie, parfois au milieu des phoques gris des "Sept Îles",
Sylvain, notre topographe.... notre "Terrade" Cool

 

 

Autant dire, tout de suite, que notre espoir de voir des Phoques Monachus lors de ce périple, a été déçu (l’absence de rencontre avec des mammifères marins aura été une des rares déceptions de cette semaine ionienne).

Les présentations faites, c’est en déjeunant de spécialités locales, dans une taverne, que Jean-Marie, nous prête des documents, nous donne les dernières nouvelles du cru, ainsi que les prévisions météorologiques pour la semaine, relevées depuis un cybercafé. Nous abandonnons ensuite, nos amis en partance pour Milos et nous dirigeons vers le camping de Dimitris à Desimi, point de départ de notre navigation.  Après avoir complété, en chemin, nos provisions dans une épicerie, nous décidons de charger les kayaks  et d'entamer notre visite chez Ulysse, dès cette fin de journée, en pagayant le peu de distance qui nous sépare du lieu choisi, pour un premier bivouac ....

Et delà, ce fût :

  • Un peu plus de 80 milles nautiques,  soit 150 km de randonnée à travers le jardin de Boutros Elia Complice
  • Cinq bivouacs  et une nuit en camping, chaque fois sur une île différente (Leucade, Atokos, Kalimnos, Thilia, Ithaque, Cephalonie), avec des pique-niques de midi, souvent sur d’autres îles encore (Arkoudi, Kastos, Meganissi)
  • Une demi-douzaine de traversées inter-îles tranquilles  de 3 à 7,5 M N, alternant avec du rase-caillou :  le long d’une bande de rochers nus et anfractueux régulièrement interrompus par des falaises, des grottes, des décors minéraux variés de roche torturée et de pierre tourmentée.

    Une ambiance sereine, décontractée, parfois anisée entre les quatre joyeux drilles, que Sylvain - sans Ouzo - a très bien résumé par cette réflexion " On peut être graveleux, on n'en reste pas moins délicat !". Il faut reconnaître, que le ton de cette randonnée a été plus inspiré par Michel Audiard, que par Platon et Aristote, et, souvent le pagnolesque a supplanté l'homérique Content

    Cela, dans le décor majestueux et rassurant, de cette  «mer intérieure»,  parsemée d’Iles, verdoyantes particulièrement fleuries en ce début de printemps, entourée de sommets,  hauts de plus de 1500 m, encore enneigés .Pour mes compagnons, s'attendant au paysage calcaire, cliché classique d'une Grèce à la blancheur cycladique, quelle verdure surprenante : que celle de ce maquis épais ! de ces prairies plantées d'oliveraies et jalonnées de cyprès ! de ces forêts de conifères foncés aux allures canadiennes !

     Souvent, nous avions l'impression d’être seuls au monde ....En dehors de la faune terrestre constituée par d’omniprésentes chèvres, et pas n’importe lesquelles : les descendantes directes des troupeaux d’Ulysse, voir peut-être même du caprin originel Surpris...  quelques lézards et rares rongeurs, comme compagnons de bivouac.

    Sur terre, hélas, la saleté des plages nous rappelait la présence humaine environnante à travers ses détritus,  heureusement compensée  par l’accueil autochtone, simple et sympathique de nos pauses, dans les tavernes et autres terrasses insulaires. Une fois franchie la frange de bouteilles plastique, polystyrène et déchets variés, la Nature, peu rancunière, nous cernait. A la modernité de la civilisation, succédaient d'ancestrales senteurs de grandes sauges, embaumant le vert tendre d'euphorbes géantes, de plantes à bulbes, et les coloris variés de fleurs des champs fraîchement écloses.

    Dans l’eau ce fut «quelques chasses», des poissons rouges et surtout des néréides géantes qui attirèrent notre attention...

    Dans les airs ce fut des couples de faucon, hurlant à notre approche de leurs falaises, ... des pétrels, au regard curieux au croisement de nos trajectoires, lors de leur vol rasant le miroir marin... des rencontres plus habituelles, comme celle des gabians  et cormorans,  qui prenaient, grâce à Sylvain des proportions peu ordinaires..

    Quel télescopage d’images jusqu’à cette dernière journée, avec son "temps de pope" pour une traversée, tout en reflet et en bleu d’une autre dimension, vers le clair îlot de Kithros, entrée d'une côte farcie de grottes.  Quoi de mieux que la vidéo Surpris, pour essayer de vous faire partager l’ambiance les impressions les sensations,  de cette  semaine de randonnée en kayak de mer sur ces rives méditerranéennes plus que mythiques : mythologiques !

    En espérant y retourner,  pour y pagayer encore et encore ...car pagayer plus, c’est plus de plaisir,..  Coquin !

 

 

 

L'album photos de Pierre.

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