L'ours de Riou

C'est par une grimace, que Stan m'accueillait par ce samedi matin. Mon retard à Morgiou, n'était pour rien, dans son air dépité. Ce premier week-end des beaux jours, libéré de devoir citoyen, nous réservait des conditions météorologiques moins propices que celles annoncées. En effet, des bancs de nuages et un petit vent d’est frais s'engouffrait dans la calanque, et il fallut une consultation de la météo marine pour nous rendre le sourire... " Peu agitée à belle"....." Assez fort à modéré" ...

 

 

Notre désir était de mettre cap à l'Ouest, mais si le régime de vent persistait, notre retour se ferait vent de face. Je proposais donc à Stan, de nous tester, kayaks de mer chargés, en allant jusqu'à ce Sugiton. L'heure avancée, nous fit ne pas nous éterniser dans cette calanque à l'ambiance intime, ou deux nageuses nous avaient interpellés. C'est peu après avoir doublé le cap de Morgiou, et ses vagues croisées, que mon compère me proposa d'aller déjeuner sur Riou. La traversée fut bouclée en une petite heure, tant Éole nous avait poussés généreusement, et bien que Stan fasse de longues pauses vidéo.


Le déjeuner fut pris dans cet endroit magique qu’est Monasterio, avant de partir pour une exploration de l'île. Pour digérer nos «rates», rien de tel qu’ une grimpette, jusqu'au col de la Culate, pour admirer le  panorama sur l'archipel et Marseilleveyre d'un côté et le grand large de l'autre. Puis nous marchions vers l'ouest, le long du rivage : Stan continuait au milieu des champs de nids de gabians, bravant leurs attaques en piqué encore timides, tandis que je m'arrêtais près d'un ouvrage de pierres sèches. C'est en promenant, vers ce «toboggan à sable», que je l'aperçus, il me regardait :l'ours de Riou. Ne voulant pas déranger son regard débonnaire, je le laissais contemplatif sur son caillou et continuais ma visite, de l’ancienne rampe de chargement des tartanes.


A la vue de l'aire de jeux, que constituaient les écueils dans ces parages nous partîmes reprendre nos embarcations, pour jouer au rase-caillou jusqu'à la calanque de Fontagne. En ce lieu tranquille, Stan, en manque de conversation, alla discuter avec le garde, de merle bleu, ...callelongue... crêche.... rats... gabians ...tandis qu' après quelques ronds dans l'eau, je poussais jusqu'à l'île Moyade.
Il était temps de retourner à la côte, mais, comme retenus par ses îles, nous prenions notre cap sur la pointe de l'Ile Jarre. Après avoir longé la côte sud , c'est dans l'étroit chenal entre Jarre et Jarron que nous continuions notre navigation vers Marseilleveyre.


C'est durant cette traversée, que pour la première fois, l'odeur du grand collecteur marseillais nous incommodait. Afin de disperser ses effluves, un arrêt en bord de plage, fut salutaire, surtout grâce à quelques « mousses ». Ce fut, d’ailleurs, après ce breuvage que le pagayage fut le plus dangereux de la journée. Il était temps de rentrer chez Patrick qui avait eu la bonne idée de nous proposer cet hébergement, un an plus tôt.

Calanques 2/3 avr. 2011


Au petit matin, après avoir profité de l'accueil et du calme de ces lieux, nous reprenions la mer ,avec un temps encore plus clément que celui de la veille. Cap à l'est ! Au large de Cortiou, sur une mer "huileuse" ; une halte technique pour le matériel photographique de Stan, dans Sormiou, puis c'est la longue falaise pour sortir de la calanque qu'on enchaîne avant de filer droit sur l'Essaïdon. Nous filons à travers la fente, habitée pour une fois, par des grimpeurs. Le lieu de notre deuxième déjeuner est également enchanteur, mais beaucoup plus peuplé, que celui de la veille. Aussi, nous ne jouons pas les prolongations à En-Vau, au milieu de la foule marseillaise. La mer relativement calme nous permet de suivre les falaises au plus près pour profiter de toutes les grottes, de repasser l'essaidon, de contourner tous les cailloux jusqu'à Sugiton, également surpeuplée en ce dimanche.


Nous regagnions pour finir Morgiou, non sans avoir eu le plaisir de visiter une grotte, que nous avez indiqué Eric D lors d'une des premières équipées néréennes, un 11 Novembre. Avant de rentrer au port, une douzaine de kayaks de mer au mouillage sur une plage à tribord, attire notre regard. Nous reconnaissons des kayaksites de la Pointe Rouge, emmenés par ...Eric D, habitué du lieu. C'est peu après cette courte retrouvaille, que se termine cette ballade d'un week-end, délicieux entraînement à une prochaine navigation plus longue, dans les «jardins de Boutros Elia».

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