Hébrides extérieures 2010

Notre périple juilletiste, initialement prévu en Colombie Britannique, nous a donc conduit en Ecosse, dans l’archipel des Hébrides Extérieures. Les deux complices de longue date, que sont Stan le provençal et Jean-Yves le breton, connaissent déjà le coin, pour moi, le bugiste, se sera une découverte.

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Stan me prend donc au passage, avant de récupérer Jean-Yves dans le Jura, direction la Belgique. De Zeebrugge, nous devons prendre un ferry pour Hull. J’ai dis « devons », car l’embarquement m’est refusé : ma carte d’identité est périmée !  Je laisse embarquer mes compagnons et je saute dans un train, destination Lyon, où je dois récupérer mon passeport. Je les rejoindrai à Glasgow par les airs. Je sais, quand on n’a pas de tête, il faut avoir des jambes… et surtout une carte bleue visa bien approvisionnée ! Pendant une journée, je me suis pris pour Phileas Fogg.  Le plus drôle dans l’histoire, est qu’à une poignée de minutes près, j’arrivais avant eux !

Nous voici donc en Angleterre, à nouveau réunis, … sous la pluie, forcement. Il nous reste encore 500 kilomètres, mais Stan enchaîne les petites routes sinueuses, entre lochs et collines, toujours sous la pluie, évidement.  L’eau est omniprésente, remarquez, avec toute celle qui tombe !!  Nous voilà à Oban, charmante petite ville côtière. Les ferries ayant pris du retard, il nous faut rouler encore jusqu'à Uig. Nous prenons quand même le temps de contempler les magnifiques paysages, comme le célèbre château de l’Eillen Dohan. Le temps est toujours pourri et le vent toujours aussi fort. Le pont qui relie l’île de Sky est franchi avec un peu d’appréhension, à vitesse réduite. La traversée de l’île jusqu’à Uig se sera sous un ciel plombé et pluvieux. Nous voilà sur les terres du Clan Mac Leod. Espérons que personne ne perdra la tête et qu’il en restera trois à la fin ! Pendant la traversée du Minch en ferry, nous scrutons les flots en espérant apercevoir des cétacés, fréquents par ici, mais en vain. Nous débarquons à Tarbert, et roulons jusqu’à la presqu’île de Scalpay à la recherche d’un bivouac, sans succès, nous passons tous la nuit dans fourgon, au milieu de nulle part. Le lendemain, nous parcourons l’île de South Harris, toujours sous un ciel couvert et humide, jusqu’à un petit port. Nous mangeons dans le camion sous une “ heavy rain shower “ Après une sieste digestive, un soleil radieux apparaît. Ce phénomène remarquable se reproduira plusieurs fois pendant le séjour ! On connaissait la danse de la pluie, maintenant il y a la sieste du soleil ! À pratiquer sans modération !  Stan peut enfin nous faire une démonstration de son super miroir à visée laser. Du camping d’Horgabost, nous nous préparons enfin à mettre les kayaks de mer à l’eau, pour une virée d’une semaine du coté des petites îles de North Uist.

Enfin de l’eau salée ! .   Départ tranquille jusqu’à Toe Head en longeant la cote, puis cap au sud, vers l’île de Pabbay. Arrivée tardive, mais la nuit tombe ici vers 23 heures, jusqu’à 4 du matin. Nous installons le camp dans une petite combe en espérant être à l’abri du vent et des coulées d’eau. Le lendemain, nous passons une grande partie de la journée sous la tente, à bouquiner et dormir, vous l’aurez compris, il pleut et le vent c’est levé, pas question d’embarquer. On profite de la moindre éclaircie pour découvrir l’île, assez ronde en forme de dôme. Le soir nous montons vers le sommet, au milieu des montons, omniprésents sur toutes les îles, en apercevant un beau groupe de cerfs méfiants et très curieux. Ils nous observent la journée de loin mais viendront sur la plage, près du camp pendant la nuit. Nous sommes récompensés de nos efforts par un magnifique couché de soleil, qui projette l’ombre de l’île sur les rivages voisins. Les appareils photos crépitent dans toutes les directions, tant le point de vue est magnifique. La redescente nous permet de découvrir quelques ruines, anciennes bergeries ou places fortes ? Le mystère demeure. Le lendemain, le soleil est là, mais le vent aussi, nous marchons vers le sud de l’île, d’où nous apercevons une ferme habitée. Nous apprendrons plus tard, qu’il s’agit d'un cousin de la Reine, en résidence d’été. Le lendemain, nous embarquons vers le sud et l’île de Boreray. En débarquant sur la plage après une heure de nav, sous le regard méfiant d’un chien de berger, nous découvrons que l’île est habitée. Le propriétaire nous propose un café, et nous fait découvrir son habitation, l’ancienne école, qu’il a magnifiquement rénové. L’intérieur chaleureux tranche avec l’extérieur plutôt austère. Il nous explique l’histoire de l’île sur laquelle vivait près de 200 personnes. Il nous présente le site internet qu’il a réalisé sur son île, et en profite pour nous sortir la météo des prochains jours. L’accalmie aura été de courte durée, et ces prévisions nous font réfléchir à la suite de notre rando. Nous décidons de revenir au point de départ, sans risquer d’être bloqués à nouveau sur une île, car le mauvais temps revient pour plusieurs jours. Nous repartons après ce chaleureux accueil, après la traversée du petit détroit peu profond qui nous sépare de l’île de Berneray, nous arrivons sur une grande plage de sable blanc, sous le soleil, un petit pique-nique s’impose. Nous ne nous attardons pourtant pas, car la route est encore longue. La traversée du Sound of Harris en longeant les îles de Killegray et Ensay se fait accompagnée par les phoques, toujours aussi curieux. Nous avons même droit à un survol insistant de l’hélico des coast guards qui vient rompre le silence des lieux. En longeant la côte en visitant plusieurs grottes où nichent les oiseaux, nous revoilà à Toe Head, que les locaux surnomment « Cap Difficulty », mais aujourd’hui l’endroit est relativement calme.  En faisant du rase cailloux, Stan découvre une grotte qui s’avère être un étroit passage débouchant sur une petite crique. Jean Yves fait remarquer, à juste titre, que l’heure tourne et que le chemin est encore long. Le retour se fait sous un bon force 4, de face, après presque 20 miles couverts, ça devient hard. Jean Yves, n’ayant pas de dérive, tire des bords. Même avec une dérive, je me demande si ce n’est pas la bonne solution, au lieu de rester face au vent. Au final, nous arrivons ensemble au camping. La marée haute nous permet de remonter la petite rivière qui serpente jusqu’au camping, au moins le portage ne sera pas trop long, après les 24 miles couverts dans la journée !

La météo n’annonçant rien de bon pour les prochains jours, nous reprenons la route vers le nord de l’île de Lewis. Nous visitons plusieurs sites de « standing stones » dont celui de Calanish, dispersé en trois endroits. Les routes sont presque toutes à voie unique, avec de nombreuses « passing place » permettant le croisement, heureusement la circulation est ici très faible. Arrivés au bord du Loch Roag, non loin de la pointe de Gallan Head, nous trouvons un camping sympa, au bord d’une longue plage de sable, et bien sur, exposé à tous les vents. Matin et soir, un couple de personnes âgées, arrive en voiture, accompagné de leur chien. La mamie note les nouveaux arrivants et encaisse, puis s’occupe des sanitaires pendant que le papy … tient compagnie au chien dans la voiture !  Je ne rappelle pas que le temps est toujours au déluge fixe, ce qui n’empêche pas les habitués de monter tranquillement leur tente, ou faire un footing, comme si de rien n’était ! On a même vu un jour, un golfeur jouer par vingt nœuds de vent, sous la pluie,… so british. Je ne sais pas s’il a retrouvé toutes ces balles ! Nous remarquons sur les cartes, plusieurs grottes, sur la cote et les petites îles aux alentours. On met les kayaks de mer à l’eau, sous un temps gris. Arrivés à l’embouchure du loch, la mer devient plus formée, et ne connaissant la cote, nous rebroussons chemin pour serpenter au milieu de petits îlots qui jalonnent le loch. Jean Yves sort sa ligne, et après quelques touches, sort un lieu jaune, un peu juste pour trois, qui est remis à l’eau. Peu de temps après, un autre suit, et finira, lui, en court-bouillon accompagné de riz. La pluie continuant et le ciel toujours aussi bas, je choisi de rentrer au camping, laissant Jean Yves et Stan découvrir le reste du loch. Apres une bonne douche bouillante, je les attends dans le fourgon en bouquinant, tout en essayant de comprendre les bulletins météo à la V.H.F. Mes notions d’anglais sont moyennes, mais là, en plus avec l’accent écossais, cela devient dur. Je comprends malgré tout, que l’on parle d’avis de tempête, de force 7 à 9, de vents changeants, ça promet, et je pense aux deux compères encore sur l’eau. Finalement, ils débarquement, trempés mais ravis de leur sortie, malgré des moments un peu chauds, je me dis que j’ai bien fait de rentrer !


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Nous reprenons la route vers Stornoway, la grande métropole de l’archipel, en pensant prendre un ferry pour le continent. Au vu de la météo, nous comptons avancer notre retour sur le continent, mais les ferries sont complets. Direction donc, le camping de la ville, saturé, à cause d’un festival de musique celtique. Le gérant trouve une place pour Stan et son fourgon, Jean Yves et moi montons sa tente tout au fond du terrain de camping. Avec tous ces festivaliers, nous appréhendons la nuit et sortons les boules quiès, mais tout se passe bien ! Le lendemain, vu le vent, nous partons découvrir la ville et ses environs. A ma demande, nous prenons un fish and cheaps. Je comprends mieux à présent, l’embonpoint des autochtones, Ici la taille mannequin frise le quintal ! Nous visitons entre autre, le mémorial de la guerre 39-45, un magnifique phare perdu au bout de sa presqu’île, un vieux cimetière avec vue sur la mer des deux cotés. Toutes ces visites occasionnent de belles séances photos au court desquelles je découvre les subtilités de la prise de vue grâce à mes deux compagnons.

Nous approchons de la fin du séjour, et la dernière journée s’annonce radieuse. Le départ se fait au bout d’une longue plage de sable, que l’on longe en s’amusant dans les petits rouleaux. La côte est percée d’une multitude de petites grottes, souvent débouchantes, que nous explorons méticuleusement, en compagnie des phoques toujours aussi curieux, un vrai bonheur ! En deux heures, nous n’avons parcouru à peine deux miles, sous le soleil, eh oui, et sans vent, comme quoi tout vient à point… . Cette dernière nav, nous donne, malgré tout ce que nous avons subit, l’envie de revenir, mais en prévoyant cette fois des navs à la journée avec un solide camp de base.

Le ferry pour Ullappool appareillant à 6 heures du matin, nous passons la nuit sur le port, tous les trois dans le fourgon. Une fois en mer, nous prenons un breakfast typiquement british. Malgré le fort tangage, les saucisses dégoulinantes d’huile et le boudin arriveront à passer, pas facile ! La longue redescente vers Hull se fait, vous l’aurez deviné, sous des trombes d’eau. Le Loch Ness et sa bestiole attendront. Une éclaircie l’après midi nous permet de contempler les ruines du Mur d’Hadrien, érigé par les romains. Un travail de titans ! Après une nuit dans un petit camping sympa entouré de …lapins, ce qui change un peu des moutons, direction Kingston uppon Hull. Cette fois, je vais avoir droit à une nuit en ferry ! Le retour par la Belgique se fait sous un ciel couvert et quelques gros orages. On nous avait parlé de canicule, nous avons donc ramené un peu de fraîcheur et d’humidité, le choc thermique aurai été trop violent !

Après voir déposé Jean Yves dans le Jura, c’est à mon tour de laisser Stan retrouver sa belle Provence et surtout sa chère et tendre qui entame ses vacances. Le rouleur insatiable qu'il est, doit être comblé !

Bien sur, pendant ce périple, nous avons beaucoup roulé et peu naviguer, mais je ne regrette pas d’avoir découvert cette région. Nous avons souvent pensé aux ancêtres qui vivaient dans des conditions rudes, avec les moyens de l’époque. Cela forge le caractère !

Malgré la barrière de la langue (foutu accent !) et ce gaëlique qui complique la lecture des cartes et des panneaux, ce pays vaut le détour. J’ai toujours en tête les paroles du gérant de notre premier camping, après une nuit sous le déluge : “ we had some rain and wind, this nigth “.  Ah !  L’humour anglais !

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