Bivouac

Je vais essayer de faire court mais je vous promets rien...

Pour cette 2° sortie j'ai rendez-vous avec Jean Pierre ce samedi 26 avril à 10h à la mise à l'eau du lac d'Esparron près de Gréoux; comme je viens pour la totalité du week end et lui pour la journée seulement je décide d'y être plus tôt afin de ne pas trop le retarder lors du chargement du kayak mais je n'y arrive pas avant 9h45, pas terrible comme avance.

Une fois déchargé je fais quelques photos du kayak et de tout ce que je suis censé mettre dedans... C'est pas gagné.
Tout fier de mes nouveaux sacs étanches de 60l je m'aperçois rapidement que vu leur taille (c'est énorme 60l) ils ne sont utiles que pour stocker à l'extérieur du kayak ce que je veux éviter; retour aux sacs poubelles...

 

Je vais essayer de faire court mais je vous promets rien...

Pour cette 2° sortie j'ai rendez-vous avec Jean Pierre ce samedi 26 avril à 10h à la mise à l'eau du lac d'Esparron près de Gréoux; comme je viens pour la totalité du week end et lui pour la journée seulement je décide d'y être plus tôt afin de ne pas trop le retarder lors du chargement du kayak mais je n'y arrive pas avant 9h45, pas terrible comme avance.

Une fois déchargé je fais quelques photos du kayak et de tout ce que je suis censé mettre dedans... C'est pas gagné.
Tout fier de mes nouveaux sacs étanches de 60l je m'aperçois rapidement que vu leur taille (c'est énorme 60l) ils ne sont utiles que pour stocker à l'extérieur du kayak ce que je veux éviter; retour aux sacs poubelles...

Jean Pierre arrive et c'est le choc; il m'avait prévenu qu'il avait une voiture basse mais je ne pensais pas que c'était parce qu'elle n'avait pas de toit...
Sa voiture c'est ça: http://www.roadstersway.com/images/s.../mazda-mx5.jpg et il y a bien un kayak dessus (vous décrire le montage serait trop long vous verrez les photos). Je fais la connaissance de Jean Pierre qui débute aussi en kayak de mer et m'excuse par avance du retard que je vais lui faire prendre à cause de mon chargement laborieux. Je teste plusieurs agencements pendant que Jean Pierre fait des ronds dans l'eau pour patienter, avant de réussir à faire tout rentrer mais ça y est, c'est fait, ouf.

Au moment où nous sommes presque prêts à partir un fourgon arrive avec 2 kayaks sur le toit. Evidemment nous faisons les présentations et je me dis rapidement que c'est le coup de c.. de la journée pour les 2 débutants que nous sommes. En effet les 2 arrivants ne sont autres que Stan, le fondateur du site Nérée et son épouse Sylvie. Comme nous allons dans la même direction je me dis que de toutes façons ils vont nous rattraper (18 ans de kayak d'avance ça devrait aider) et qu'il y aura bien quelques conseils à glaner.

Il est donc 11h30 (je vous ai dit que j'ai été un peu long à charger mon kayak?) lorsque Jean Pierre et moi prenons la direction des gorges. Une chose me frappe immédiatement: mon compagnon avance nettement plus vite que moi, ou plutôt chacun de ses coups de pagaie est plus efficace. Je me dis que la différence de poids embarqué est sans doute en cause (on se rassure comme on peut) mais surtout que ça veut dire que je vais passer mon temps à courir derrière lui. C'est le prix à payer pour tester le mode "rando" en vue de séjours de plus longue durée.

De toute façon je suis là pour essayer d'acquérir une technique pas pour faire la course. Et je commence directement par la gite. Sur le forum ils m'ont dit: "pour virer plus vite tu élargis le pagayage du côté opposé tout en gitant (mon pote le...) de ce même côté. Eh ben ça marche!!! Enfin prudemment au départ parce que dans un excès d'optimisme au 2 ou 3° essai j'ai bien failli passer à la baille (c'est pas avec le haut du corps qu'on gite, c'est les genoux qui doivent travailler, on vous l'a dit et répété!!!). Durant tout le week end je m'entraînerai régulièrement parce que c'est quand même loin d'être instinctif et il va falloir du boulot avant que ce soit un automatisme.

Comme je l'avais prédit au bout d'une vingtaine de minutes nous sommes rejoints par Stan et Sylvie. Le couple nous propose de manger ensemble avant d'entrer dans les gorges ce que nous acceptons évidemment. C'est donc maintenant à 4 que nous naviguons, ou plutôt à 3 plus un qui galère un peu en arrière: moi. Cette position subie est appréciable en tant que poste d'observation. Et j'en prends plein les yeux: Stan et Sylvie ont un pagayage sans effort apparent mais d'une efficacité redoutable, sans à-coups presque lent mais très coulé; c'est comme ça qu'il faut faire c'est évident...
De temps à autre Stan lâche quelques conseils toujours très clairs, on sent le pédagogue.

Arrivés près des gorges nous nous arrêtons pour manger et au moment de descendre je me retrouve les 4 fers en l'air, le kayak à la gite (très très involontairement cette fois ci) et c'est Jean Pierre qui me sors de là; sans lui je finissais immanquablement à la flotte. Plus tard Stan me dira comment descendre (en fait j'avais peur de casser ma pagaie et n'osais pas prendre franchement appui dessus) et depuis pas de soucis, pourvu que ça dure.

Lors du repas nous faisons plus ample connaissance et écoutons avidement les histoires de kayak de nos compagnons (la Norvège ça a l'air vraiment sympa). Sylvie refuse ma pâte à tartiner au grand étonnement de Stan qui doit se contenter d'un sandwich pour d'obscur raison de prise de poids à éviter. Je leur réponds que quand les gros seront maigres, les maigres seront morts.
Nous repartons rapidement car nous avons fait moins de 5 km et il en reste au moins 6 pour traverser les gorges avant de faire demi tour. La traversée des gorges se passe tranquillement toujours agrémenté des conseils de Stan ou de quelques anecdotes sympathiques. Il confirme ce que j'avais subodoré: il ne faut pas tirer la pagaie avec la main inférieure mais la pousser avec la main supérieure. Y'a plus qu'à...
Tout au long des gorges je regarde plus Stan et Sylvie pagayer que le paysage qui s'offre à nous; sur son Kialivak Stan s'éclate, il va raser les berges, de préférence quand elles sont encombrées d'obstacles, gite tant et plus, prend des appuis sur l'eau; j'admire la technique...

Arrivés à Quinson nouvelle pause, nous nous penchons sur le cas du kayak de Jean Pierre: pas de ligne de vie, assez ventru, relativement court en apparence on dirait un kayak de rivière un peu grand; mystère. Nous repartons vers 15h45, Stan annonce qu'il reste 2h de plaisir (visiblement en prévision d'une baisse possible de moral chez Sylvie). Je pense qu'il reste plutôt 3h mais ne dis rien.

Sur le chemin du retour Stan nous montre l'appel débordé (enfin si je me souviens bien). Je tente timidement la chose mais comprends vite que si on ne le maîtrise pas c'est un coup à finir à l'eau et vu la température c'est pas vraiment dans mes projets. Jean Pierre s'en donne à cœur joie, il va chercher les racines affleurantes, les branches pendantes etc etc... Pour ma part je verrai ça un peu plus tard, j'essaie de m'appliquer à pagayer dans les règles de l'art et j'y arrive pas trop mal; enfin c'est ce que je pense jusqu'à ce que Stan lâche: "Yves tu tires avec les bras, faut pousser, tes épaules ne bougent pas assez..."
Et voilà comment on redescend d'un nuage sans parachute...
Nous rattrapons régulièrement des kayaks pneumatiques, Stan lâche quelques conseils basiques ("heu, la pagaie là elle est à l'envers, la face creuse doit être tournée vers l'arrière...").

Sylvie quant à elle commence à accuser le coup mais son pagayage reste efficace; elle a sorti le gouvernail de son Necky Eliza pour n'avoir à gérer que la propulsion; moi je dis que c'est de la triche...
Sur la fin Jean Pierre commence lui aussi à en avoir plein les bras et a nettement ralenti son rythme mais il a l'air heureux comme un pape
Je ne parle pas de Stan qui visiblement pourrait encore doubler la distance sans forcer.

Et moi? Ben je me sens pas si mal finalement; bien sûr la fatigue est là au bout des 22km mais je suis en bien meilleur forme que la semaine dernière; je pense que j'ai quand même fait quelques progrès (moins crispé, plus coulé, rythme plus "économique"...) même si le chemin est encore long.

Il est 17h45 quand nous revenons à notre point de départ: Stan avait raison nous n'avons mis que 2h. Le temps que Jean Pierre charge son kayak sur sa décapotable, que Stan et Sylvie en fassent autant il est plus de 18h30 lorsque nous nous séparons. Visiblement Stan aurait bien aimé bivouaquer mais il ne pouvait deviner qu'on se rencontrerait.

Vous êtes toujours là? J'avais prévenu que ça ne serait pas facile de faire court...
Et c'est pas fini. Ben oui si vous avez bien tout lu j'ai prévu de bivouaquer au bord du lac puis de continuer le lendemain avec au programme le tour du lac d'Esparron en détail.

Donc reprenons: mes compagnons sont partis, je suis seul à la mise à l'eau et il faut que je me trouve un bivouac... Je remonte dans mon embarcation, je jupe et c'est parti. La température me semble nettement plus fraîche il faut pas traîner: je vais explorer la rive mètre par mètre même si j'ai dans l'idée de bivouaquer dans une des 2 criques que j'ai vu de loin à moins d'un kilomètre.
Sauf qu'entre ce qu'on prévoit et ce qu'on fait il y a parfois une légère différence et que ce qu'on a vu de loin n'est plus tout à fait pareil de près: la 1ère crique est pleine de pêcheurs et dans la 2° il n'y a aucun espace pour bivouaquer. C'est pas grave on va continuer notre exploration plus loin. Plus loin c'est finalement à 3km de notre mise à l'eau que je trouverai un endroit correct. De toutes façons il doit être 19h30 donc faut s'activer, le 1er endroit est le bon.

Je hisse le kayak sur la berge et inspecte les lieux pour trouver le bon endroit pour monter la tente. Je commence par me changer puis je vide le kayak et m'aperçois que j'ai oublié d'emballer mon sac de couchage dans un sac poubelle; grand moment de solitude...
Je le déplie et l'étend sur des branches; seule la partie haute (celle à l'extérieur quand il est roulé) est mouillé et de toute façons j'ai que ça alors il faudra que ça passe. Dans ces cas là de toutes façons je me dis que c'est ce genre de chose qui fait les meilleurs souvenirs, on se console comme on peut.

Le montage de la tente fait, je commence à chercher ce qu'il faut pour m'allumer un petit feu.
Ah ben vi, un bivouac sans feu c'est pas un bivouac. Je suis prêt à l'allumer quand j'aperçois à une trentaine de mètres une barque de pêcheurs; j'ai quand même la poisse: on est sur une retenue d'eau de 160 hectares et il faut que les 3 derniers pêcheurs de la journée traquent le poisson à côté de ma tente. Ils ne partiront qu'une fois la nuit tombée...

J'allume alors mon feu tranquillement (sans papier, à l'ancienne comme quand je partais camper dans les bois avec un foulard autour du cou il y a une trentaine d'années). J'ai coupé quelques branches mortes avec ma scie pliable toute neuve (géniale) histoire de l'alimenter un peu. Les conditions sont idéales, y'a pas un poil de zéph' l'endroit est dégagé et de toutes façons je l'éteindrai avant d'aller me coucher. Je me restaure tout en regardant mon feu, les étoiles me regardent, je suis bien...

Je laisse doucement s'éteindre les flammes puis arrose les braises. Il est 22h et après les 25km de la journée il est temps d'aller rejoindre Morphée (qui est un homme je le rappelle) et ses bras accueillants. Mon sac de couchage est encore humide, tant pis, je vais le mettre en couverture et me passerai du haut; bien habillé ça devrait aller.
Il est presque 23h et je suis presque endormi lorsque j'entends des voix qui se rapprochent de plus en plus. Manquait plus que ça...
Bien que pas franchement trouillard je préfère sortir discrètement que rester dans ma tente. Je ne fais pas de bruit et écoute. J'identifie 2 voix masculines, une féminine et une canine. Au bout de 10 minutes je me recouche, visiblement ils ont choisi de bivouaquer avec des hamacs à une centaine de mètres et ne m'ont pas repéré.
Bien entendu c'est une fois recouché qu'ils viennent se balader de mon côté...
"Coucou la tente!!!"
Je pointe mon nez: "Bonsoir".
"On ne fait que passer, bonne nuit".
"Egalement"
Plus loin des djembés résonnent... décidément la nuit promet d'être agitée...
En plus avec mon problème de duvet j'ai pas franchement chaud...
Vers une heure du matin, "asséché" par la chaleur animale je pourrai le refermer et finirai la nuit à peu près au chaud...

J'ai mis le réveil à 7h30 mais je n'attends pas qu'il sonne pour émerger vers 7h15.
J'ai finalement pu dormir correctement et me sens d'attaque pour une 2° journée sur l'eau. Le temps d'une toilette sommaire, de manger un bout, de plier la tente, puis de tout ranger dans le kayak je pars vers 8h30.
En passant près de mes voisins je ne peux résister et lance "coucou les hamacs", pas de réaction...

Je commence mon exploration tranquillement: aujourd'hui je suis seul, je ne dois suivre personne, je n'ai qu'à me concentrer sur un pagayage que je voudrais lent mais efficace.
J'admire à plusieurs reprises le vol lent et majestueux du héron cendré, c'est le pied...
Je longe les rives du lac en explorant chaque crique en vue d'un bivouac futur; y'a pas beaucoup d'endroits adéquats, les seuls vraiment possibles sont signalés comme étant des terrains privés.
Les pêcheurs me rendent volontiers mon salut, le couple qui m'enrhume avec son bateau d'aviron aussi.
Je fais une pause après presque 5 km et écoute le silence...
Au fond de chaque crique je cherche à aller le plus loin possible même si les branches enchevêtrées ou affleurantes rendent parfois ce genre d'exercice assez périlleux.

Arrivé au barrage je slalome entre les bouées pour rejoindre la berge opposée qui me ramène à la mise à l'eau de départ vers 13h15 après avoir parcouru près de 15km aujourd'hui.

Je ne suis pas mécontent d'être arrivé, j'ai encore appris plein de choses, j'ai un début de tendinite à l'avant bras gauche (je suppose que ça veut dire que je pousse pas assez avec le bras droit mais tire avec le bras gauche) mais dès jeudi je recommence.
Stan m'a dit que le lac d'Artignosc était à voir absolument...

Cette fois-ci c'est fini, merci de m'avoir lu, il est plus de minuit, et j'ai du sommeil de qualité en retard; vous pouvez reprendre une vie normale.

 

Les photos sont là: http://picasaweb.google.com/yvesg83/Esparron26Et27Avril2008

 

 

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